Le départ F1 ne fait plus seulement parler pour le spectacle. Dans le paddock de Shanghai, plusieurs pilotes tirent la sonnette d’alarme après la scène vécue derrière Liam Lawson lors de la course précédente. Pour Sergio Perez, qui se trouvait juste derrière Franco Colapinto à ce moment-là, le constat est brutal : un gros accident pourrait n’être plus qu’une question de temps.
Un départ devenu imprévisible
Perez ne cache pas son inquiétude. Le Mexicain pointe des nouvelles unités de puissance devenues très difficiles à gérer au moment du lancement. Un départ peut basculer pour de nombreuses raisons, et un passage en anti-calage comme celui subi par Lawson devient alors « très, très dangereux », avec des écarts de vitesse énormes en seulement deux ou trois secondes.
Le problème, lui, ne date pas d’hier. Avant le deuxième test de pré-saison à Bahreïn, une procédure révisée a été introduite puis utilisée le week-end dernier. Elle améliore les choses, sans faire disparaître le risque. Colapinto l’a reconnu lui-même après avoir revu les caméras embarquées : la scène était encore plus proche et plus « limite » qu’il ne l’avait imaginé. L’Argentin rappelle que ce genre de situation était attendu, que toutes les équipes étaient confrontées à ces difficultés et que le sujet avait déjà été identifié comme une source possible de danger.
Colapinto, Ocon et Gasly décrivent une loterie
Pour Esteban Ocon, l’alerte est nette. Le Français rappelle que tout le monde sait que cela peut arriver, surtout en ce début de saison, et que l’épisode vécu par Colapinto aurait pu très mal finir. Il ne veut pas voir ce type de départs en F1, en pensant à des envols de course plus chaotiques. Son message est simple : personne n’a envie de tomber sur une voiture immobilisée qui réapparaît soudainement devant soi.
Pierre Gasly tient le même discours, avec une formule qui résume bien l’ambiance du moment : « En ce moment, les départs sont une loterie. » D’après lui, l’incident de Lawson ne venait pas de sa procédure. Alpine avait réussi un très bon envol, mais l’issue dépend désormais largement du comportement du groupe propulseur. Résultat, les écarts d’une voiture à l’autre deviennent énormes. Gasly admet que cela peut créer du spectacle et offrir l’occasion de gagner beaucoup de places sur le sec, ce qui est devenu rare. Mais la question de l’équité sportive se pose aussi. Et surtout, la situation de Colapinto lui a paru franchement inquiétante. Un pilote peut réussir ses qualifications, puis voir sa course compromise par un problème totalement hors de son contrôle.
Verstappen pointe la batterie, la FIA en ligne de mire
Max Verstappen estime de son côté que quelques solutions simples existent. Encore faut-il qu’elles soient permises par la FIA, notamment sur tout ce qui concerne la batterie. Le Néerlandais le dit clairement : prendre un départ avec 0 % de batterie n’a rien d’amusant, et cela peut même devenir dangereux.
Il révèle que des discussions sont en cours pour corriger le tir. Verstappen rappelle qu’à Melbourne, une collision majeure a déjà été évitée de peu. Une partie du problème vient, selon lui, de la batterie. Une autre peut venir de l’anti-calage. Mais le constat ne change pas : les différences de vitesse sont trop importantes. Il précise d’ailleurs qu’il n’était pas le seul à s’élancer avec presque aucune énergie disponible, ou avec seulement 20 à 30 %. À ses yeux, ce point peut être corrigé assez facilement.
Le message envoyé par les pilotes est clair. Le départ F1 génère aujourd’hui plus d’incertitude qu’auparavant. Reste à éviter que cette imprévisibilité ne se transforme en risque majeur dès les premiers mètres.
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