La décision de supprimer le contrôle technique moto en Flandre pourrait bien faire grincer des dents… mais aussi susciter des envies de l’autre côté de la frontière. Trois ans seulement après sa mise en place, le CT2RM flamand est en passe de disparaître, avec une suppression annoncée d’ici « la mi-2026 », même si aucune date précise n’a encore été communiquée.
Pourquoi la Flandre tourne le dos au contrôle technique
D’après les informations relayées par Moto Actus Belgique et la FFMC, les autorités flamandes estiment que le contrôle technique moto est largement inutile sur le plan de la sécurité routière. Les chiffres mis en avant montrent que l’état technique n’est presque jamais à l’origine d’un accident. Selon Filip Rylant (Traxio), on parle d’à peine 1 à 2 % des cas, ce qui renforce l’idée que la majorité des motards entretiennent correctement leur machine.
L’effort doit donc porter ailleurs. Pour Filip Rylant, il est plus pertinent de sensibiliser les usagers et d’améliorer les compétences de conduite. Des actions existent déjà et sont jugées positives. Le gouvernement flamand veut aussi mettre fin au « gold plating », c’est-à-dire le fait d’être plus strict que ce qu’imposent les obligations internationales. En supprimant ce contrôle technique moto, la Flandre choisit de s’aligner simplement sur ces exigences minimales.
Un marché de l’occasion moto en panne
Au-delà de la sécurité, le contrôle technique moto aurait eu un impact jugé très néfaste sur le marché de l’occasion en Flandre. D’après Filip Rylant, ce marché a « considérablement régressé ». De nombreux propriétaires préfèrent désimmatriculer leur moto et la laisser dormir dans le garage plutôt que de passer par la case CT2RM, ce qui assèche l’offre disponible.
Résultat, les motos en bon état à prix abordable deviennent rares, alors que ce sont précisément ces machines qui permettent aux débutants de se lancer sans exploser leur budget en euros (€). En supprimant le contrôle technique des motos d’occasion, la Flandre espère voir revenir plus de motos sur le marché et redonner de l’oxygène à tout un écosystème, du particulier aux professionnels.
Un signal pour la France et les pays voisins ?
Si la suppression du contrôle technique moto en Flandre se confirme bien d’ici la mi-2026, la décision fera forcément l’objet de nombreux commentaires en France. Les organisations de motards, comme la FFMC, y voient déjà un exemple concret pour contester l’utilité du CT2RM et mettre en avant d’autres leviers, comme la formation continue ou la prévention ciblée.
Pour l’instant, il reste à observer comment la mesure sera appliquée et quelles seront ses conséquences réelles sur la sécurité routière et le marché de l’occasion. Reste aussi à voir si d’autres pays suivront cette voie ou choisiront au contraire de maintenir, voire de renforcer, leur propre contrôle technique moto. Une chose est sûre: le débat est loin d’être clos et les motards, eux, garderont un œil attentif sur ce qui se passe en Flandre.






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