Rendre la batterie plus lisible, et donc plus crédible : voilà le cap fixé par le Bmw Group et CATL. À Pékin, les deux partenaires viennent de signer un protocole d’accord pour lancer des projets pilotes autour du Battery Passport. Avec, en ligne de mire, un meilleur encadrement de l’échange de données et de la décarbonation sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement des batteries de traction.
Un protocole d’accord signé à Pékin, sur fond de visite officielle
Le Memorandum of Understanding (MoU) a été signé à Pékin, dans un timing très politique. L’accord a en effet été conclu pendant la récente visite en Chine du chancelier allemand Friedrich Merz, accompagné d’une délégation de dirigeants d’entreprises allemandes.CATL décrit cette étape comme un changement de braquet dans la relation, évoquant un partenariat porté à un « nouveau niveau » sur les volets développement durable et innovation technologique. Le sujet ne se limite plus à la fourniture de cellules : il est question de règles communes, de circulation de la donnée et d’une manière partagée de mesurer l’empreinte carbone.
Battery Passport : données, méthodologies carbone et outils de calcul
Au cœur du MoU, BMW et CATL annoncent des projets pilotes sur le transfert transfrontalier de données dans un scénario Battery Passport. Plusieurs chantiers avancent de front : des mécanismes d’échange de données « de confiance », des méthodologies de comptabilité carbone et des outils de calcul innovants destinés à déterminer l’empreinte carbone d’une batterie.Le dossier est très technique. Il touche autant à la gouvernance des données qu’à la façon de documenter, de manière cohérente, ce qui se passe tout au long de la chaîne, de l’amont à l’intégration automobile. En toile de fond, BMW et CATL affichent la même logique : renforcer la confiance par la transparence, et contribuer à un écosystème automobile mondial plus résilient.
Catena-X comme socle, et un partenariat qui change d’échelle
Pour cadrer ces pilotes, les deux groupes comptent s’appuyer sur Catena-X, présenté comme un écosystème de données automobile standardisé et « de confiance ». L’ambition est large : faciliter l’alignement des standards techniques, encourager des cadres politiques cohérents et fondés sur la science, et viser une stabilité industrielle de long terme.BMW et CATL s’inscrivent dans la durée. Les deux acteurs sont en partenariat stratégique depuis 2012, avec une coopération qui a déjà couvert la production de batteries, la recherche et développement conjointe, et des chaînes d’approvisionnement plus durables. Ce nouveau MoU élargit toutefois le terrain de jeu : on glisse d’une coopération centrée sur le produit vers une coordination plus institutionnelle, avec une volonté commune d’accélérer la mobilité électrique.
Ce protocole d’accord place donc le Battery Passport au centre de la relation BMW-CATL. Transparence des données, harmonisation des méthodes carbone et cadre commun via Catena-X : le duo veut verrouiller la confiance et donner plus de cohérence à la décarbonation des batteries, au-delà du simple achat de composants.
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