Les prix des carburants tutoient les 2 € dans de nombreuses stations françaises, et le sujet s’invite désormais sur le terrain politique. Après l’annonce par le Premier ministre d’un plan exceptionnel de 500 contrôles confiés à la DGCCRF pour traquer d’éventuelles hausses abusives à la pompe, la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage riposte. Son conseiller national, Frédéric Plan, prévient déjà : si ces vérifications ne débouchent sur rien, la profession réclamera des excuses publiques.
La FF3C rejette toute idée d’abus
Frédéric Plan conteste à la fois la méthode et le signal envoyé. À ses yeux, évoquer de possibles abus dans la distribution revient à mettre en cause toute une profession. « Montrer du doigt une profession en laissant insinuer qu’il y a des abus, ce n’est pas correct, ce n’est pas convenable », affirme-t-il.
Le conseiller national de la FF3C ne rejette pas, pour autant, le principe des contrôles. Il pousse même le gouvernement à aller au bout. « Faites-le ! Mais je connais le résultat », lance-t-il. Et il précise sa pensée : si rien n’est trouvé, il faudra alors reparler d’éventuelles excuses pour avoir désigné, selon ses mots, les acteurs de la distribution comme des boucs émissaires.
Pour lui, les abus « ne sont pas possibles ». Il met aussi en avant un autre point : les consommateurs disposent déjà d’un outil public pour comparer les tarifs. Un écart réellement anormal, estime-t-il, serait vite repéré. « Des abus manifestes se voient », insiste-t-il, en rappelant que chacun peut vérifier les prix pratiqués en station.
Des écarts liés au réapprovisionnement
Pour la fédération, les différences de prix entre stations ont une explication bien plus terre à terre. Tout se joue au moment du réapprovisionnement. Quand les hausses s’accélèrent, tous les points de vente ne renouvellent pas leurs stocks au même prix ni au même moment. C’est ce décalage qui, selon Frédéric Plan, produit les écarts visibles sur le terrain.
Il le résume ainsi : « Compte tenu de la rapidité des hausses, il y a eu des écarts entre stations, qui tiennent essentiellement à la date de réapprovisionnement ». Autrement dit, la hausse actuelle ne relèverait pas d’une dérive locale, mais d’un marché qui évolue très vite.
Un marché secoué par les tensions internationales
Frédéric Plan inscrit aussi la flambée des prix des carburants dans un cadre plus large. Pour lui, le marché est secoué par les tensions internationales. « De nouvelles routes d’approvisionnement vont se mettre en place, mais ça ne se fait pas en un jour », explique-t-il. Et il martèle un point : la hausse n’est « pas un sujet français », mais bien un sujet de marché international.
Interrogé sur un possible recours aux réserves stratégiques, il rappelle qu’elles n’ont pas été constituées pour faire baisser les prix. Leur fonction, dit-il, est de répondre à une rupture d’approvisionnement, ce qui n’est « pas le cas aujourd’hui ». Il ajoute que si ces réserves étaient mobilisées pour calmer les tarifs, il faudrait espérer que la situation internationale soit la plus courte possible. Sur l’évolution immédiate, son jugement reste prudent, voire sombre : à court terme, il dit ne pas être optimiste.
Le gouvernement annonce 500 contrôles pour détecter d’éventuelles hausses abusives. La FF3C conteste l’idée d’abus et affirme que les écarts de prix s’expliquent surtout par les dates de réapprovisionnement, tout en rappelant le contexte international.
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