Une accélération attendue des déploiements en 2026
Le déploiement des robotaxis autonomes en ville devrait s’accélérer en 2026, à mesure que des projets pilotes basculent vers des lancements commerciaux. Les acteurs du secteur veulent sortir de la phase d’essais pour aller vers une expansion internationale plus coordonnée, portée notamment par des développeurs américains et chinois qui ciblent l’Europe et le Moyen-Orient.
Des obstacles restent présents, en particulier la rentabilité et la nécessité de réentraîner des modèles d’IA. Mais la coordination entre développeurs technologiques, plateformes de VTC, constructeurs, régulateurs et gouvernements désireux d’attirer l’investissement technologique contribue à réduire les barrières à l’entrée.
Londres, terrain de concurrence entre acteurs américains et chinois
Londres s’impose comme un centre d’adoption où plusieurs acteurs clés se retrouvent. Waymo vise une extension de son service de taxis sans conducteur à Londres en 2026 et prévoit de travailler avec Transport for London et le Department for Transport afin d’obtenir les autorisations nécessaires à des trajets totalement autonomes.
Du côté chinois, Apollo Go (Baidu) devait entamer des tests en Suisse en décembre 2025 et vise un lancement public entièrement sans conducteur d’ici début 2027. Pony.ai prépare des essais au Luxembourg. WeRide, de son côté, prévoit de travailler avec Uber pour lancer des services en Arabie saoudite et à Abou Dhabi. L’ensemble de ces initiatives renforce l’idée que 2026 servira de rampe d’accès à une expansion internationale plus large.
Les plans de lancement au Royaume-Uni ont été accélérés après l’annonce du gouvernement britannique d’autoriser des essais commerciaux de voitures sans conducteur au printemps 2026. Dans ce contexte, Londres pourrait devenir la première ville où cohabiteraient robotaxis américains et chinois, dans une concurrence directe qui pourrait aussi se jouer face aux taxis noirs londoniens.
Le débat : sécurité, acceptabilité et liberté de conduire
Les chauffeurs de taxis londoniens peuvent mettre en avant les bénéfices de leur formation approfondie, surnommée “The Knowledge”, qui leur permet d’optimiser les trajets selon l’heure et le trafic. En parallèle, la communication des entreprises de véhicules autonomes met fortement l’accent sur la sécurité. Reste que l’acceptation de se faire conduire par une voiture robotisée demeure, pour beaucoup, une question de préférence personnelle.
Pour beaucoup, la conduite représente une liberté difficile à abandonner : choisir quand partir, où aller, et garder la maîtrise du déplacement. Le débat public peut aussi être brouillé par des discours en ligne laissant croire que la plupart des trajets en voiture se terminent par un accident, alors que des millions de déplacements routiers ont lieu chaque jour sans incident.
Au CES 2026, visions d’avenir et pistes hybrides
Au CES 2026 de Las Vegas, Jensen Huang, fondateur et directeur général de Nvidia, a déclaré : « Notre vision est que, un jour, chaque voiture, chaque camion sera autonome, et nous travaillons vers cet avenir. » Cette projection ne fait toutefois pas l’unanimité. Certains défendent l’idée qu’une solution unique ne peut convenir à tous les usages.
Dans cette logique, une proposition évoquée est celle de Tensor : un véhicule personnel pouvant être conduit par son utilisateur ou fonctionner en mode robotaxi, avec un volant escamotable grâce à un partenariat avec l’entreprise suédoise AutoLiv. Tensor a également conclu un accord avec Lyft pour l’utilisation de 2 000 véhicules.
Navigation embarquée : une IA locale axée sur la confidentialité
Autre évolution mentionnée : le lancement par Visteon et TomTom d’un système de navigation embarqué reposant sur une IA locale. Les entreprises présentent cette approche comme un standard « privacy-first », avec traitement local et sans dépendance à une connexion cloud.
La collaboration associe le modèle multimodal Vision Language Model (VLM) de Visteon, conçu pour un traitement local favorisant vitesse, confidentialité et fiabilité, à l’application de navigation automobile de TomTom, qui prend en charge une connectivité hybride. L’ensemble vise une interaction vocale naturelle et un équilibre entre performance et flexibilité, via la plateforme cognitoAI de Visteon intégrant l’application de TomTom.
Sivakumar Yeddanapudi, vice-président mondial, Digital Cockpit and Connected Services chez Visteon, a déclaré : « La confidentialité ne devrait pas être un compromis à l’ère de l’IA. (…) Nous avons prouvé que la navigation conversationnelle la plus avancée peut fonctionner entièrement sur le matériel du véhicule. Le traitement local signifie des temps de réponse plus rapides, un fonctionnement fiable sans connectivité et une expérience de navigation intelligente et performante. »





