Lewis Hamilton n’a plus envie d’attendre. À Melbourne, le septuple champion du monde a remis une pièce dans la machine: il veut voir la F1 en Afrique revenir au calendrier pendant qu’il est encore en activité. Pour lui, ce n’est pas qu’une question d’image. C’est aussi une incohérence sportive à corriger: la Formule 1 roule sur tous les continents, sauf en Afrique.
Hamilton veut courir en Afrique avant la fin
Le Britannique assure qu’il porte ce sujet depuis longtemps. Il dit « se battre en coulisses » depuis six ou sept ans pour faire avancer un projet de Grand Prix. Des discussions, des « parties prenantes », et toujours la même question qui revient: pourquoi la F1 n’y va-t-elle pas alors qu’elle est présente partout ailleurs?
Son discours s’appuie aussi sur l’expérience. Hamilton explique avoir déjà visité dix pays en Afrique et vouloir en découvrir davantage. Le Kenya l’a marqué, dit-il, même s’il juge improbable d’y voir un Grand Prix. Il met surtout en avant le Rwanda, qu’il qualifie de spectaculaire. Il cite également l’Afrique du Sud, « magnifique » à ses yeux, et qu’il considère comme une option crédible, au même titre que d’autres destinations.
Derrière, il y a une urgence personnelle. Hamilton trace sa ligne: il ne veut pas quitter la discipline sans avoir couru sur le continent. Il dit « poursuivre » les décideurs sur le calendrier, tout en regardant le temps filer. Et il ajoute qu’il restera en F1 « un moment » jusqu’à ce que cela arrive, en expliquant que ce serait « incroyable », notamment parce qu’il se dit « à moitié africain ».
Un continent à convaincre, un business à satisfaire
L’envie et le symbole ne suffisent pas. Le dossier se joue aussi sur le terrain économique, dans une F1 qui se porte bien et le revendique. La discipline a annoncé que son résultat d’exploitation (operating income) 2025 progressait de 28% par rapport à 2024. Dans le même temps, les paiements versés aux équipes ont augmenté de 11%.
La F1 détaille une croissance sur ses principaux revenus. Le sponsoring grimpe grâce à de nouveaux partenaires, à des augmentations contractuelles et à la publicité numérique. Les droits médias montent via des hausses de tarifs, la croissance des abonnements F1 TV et la comptabilisation d’un revenu ponctuel lié au film F1. La promotion des courses progresse aussi, principalement portée par des hausses contractuelles.
Difficile, dans ce contexte, d’éviter la vraie question: au moment où le sport cherche toujours plus de leviers de croissance, les acteurs majeurs, équipes comprises, accepteraient-ils de proposer à un pays africain une course « à prix réduit »? La bataille pour une F1 en Afrique se joue donc autant dans les réunions que dans la vision sportive.
Une sortie très politique sur la souveraineté africaine
Hamilton élargit enfin le propos. Il relie ce dossier à une lecture plus globale des rapports de force et de l’histoire. Il dit avoir des racines dans plusieurs pays, comme le Togo et le Bénin. Il précise avoir visité le Bénin l’an dernier, et cite aussi le Sénégal et le Nigeria. Il se dit « vraiment fier » de cette partie du monde, qu’il qualifie de « la plus belle ».
Puis le pilote passe à l’appel frontal. Il dit espérer que les dirigeants des différents pays « s’unissent » et « reprennent l’Afrique ». Il ajoute: « Reprenez-la aux Français, reprenez-la aux Espagnols, reprenez-la aux Portugais et aux Britanniques. » Il justifie cette position en affirmant que le continent a toutes les ressources pour devenir « le plus grand et le plus puissant endroit du monde », et que cela expliquerait, selon lui, une forme de contrôle extérieur.
Au final, Hamilton met la pression pour transformer une conviction intime en réalité sportive. Reste à faire passer l’idée du discours au projet, dans une F1 où l’équation économique pèse aussi lourd que la symbolique.
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