En Europe, le diesel a perdu son statut de choix évident. Pourtant, l’Audi A6 Avant 2.0 TDI revient rappeler une réalité simple: pour enchaîner les kilomètres, l’autonomie et la sobriété restent des arguments qui pèsent. Pendant que l’électrification occupe l’espace médiatique et les catalogues, Audi maintient des TDI modernes, plus feutrés et plus économes qu’avant. Sur cette nouvelle génération d’A6, le message ne cherche pas à plaire à tout le monde: l’agrément de route et le rayon d’action comptent encore, même si la tendance va ailleurs.
Un A6 très séduisant… et un diesel qui ne se cache pas
Audi a présenté la nouvelle A6 d’abord en carrosserie Avant, misant sur le break comme futur gros volume dans la plupart des pays européens. La gamme conserve aussi une berline à empattement long pour la Chine (A6L). Et, pour la première fois, l’A6 se décline en électrique. Attention toutefois à la lecture: l’A6 Sportback e-tron (hatchback) et l’A6 Avant e-tron ne sont pas les versions électrifiées des thermiques, mais des modèles distincts.
Ce mélange des genres vient d’un revirement tardif sur la stratégie de nommage. Les versions essence et diesel devaient basculer en A7 et A7 Avant, avant que l’idée ne soit finalement abandonnée. Au moins, la grammaire des badges reste cohérente: e-tron pour l’électrique, mHEV+ pour le mild hybrid 48 V, TDI associé à une hybridation légère, et e-Hybrid pour l’hybride rechargeable.
Côté e-Hybrid, Audi annonce deux niveaux de puissance cumulée: 220 kW et 450 Nm ou 270 kW et 500 Nm. Dans les deux cas, on retrouve un 2.0 turbo essence de 185 kW (252 ch), une transmission intégrale de série et une batterie de 20,7/25,9 kWh (net/brut). L’autonomie électrique maximale revendiquée grimpe à 100 km.
Une sobriété qui parle… et une techno qui s’invite partout
Sur route, l’Avant TDI essayée joue exactement sa partition: avaler les kilomètres sans faire exploser la conso. L’auto a affiché une moyenne de 49,3 mpg, et dépasser 50 mpg semble à portée sans se battre. Le nouveau 2.0 TDI est décrit comme agréable à l’oreille, avec un couple généreux. Et sur chaussée détrempée, la transmission quattro s’est montrée très à l’aise.
Techniquement, on est bien sur un mild hybrid: le 2.0 TDI n’est pas sollicité dès le démarrage. Une batterie de 1,7 kWh alimente un générateur de 18 kW et 230 Nm. Même une fois le diesel réveillé, il reste annoncé comme très discret.
Là où le tableau se complique, c’est à bord. L’habitacle concentre les critiques, avec une approche jugée trop minimaliste et une ergonomie qui s’appuie sur des commandes haptiques, y compris pour des fonctions d’éclairage installées sur la porte conducteur. Les aides à la conduite sont également pointées du doigt pour leur côté intrusif, même si leur désactivation est possible via un menu (par exemple l’alerte de franchissement de ligne, ou encore les alertes de vitesse, distraction et fatigue).
Fiche technique et ce que ça raconte du “retour” du diesel
Dans cette configuration, l’Audi A6 Avant 2.0 TDI développe 150 kW (204 ch) et 400 Nm. Elle combine une boîte S tronic à double embrayage à sept rapports et une transmission intégrale. Audi annonce 0 à 62 mph en 7,0 s, une vitesse de pointe de 147 mph, une consommation combinée de 49,6 à 53,3 mpg et des émissions moyennes de 138 à 150 g/km de CO2.
Audi a lancé la production en Allemagne, à Neckarsulm, les premières berlines et Avant de série étant sorties de chaîne en juin dernier. Une nouvelle RS 6 est attendue plus tard en 2026, tandis qu’une RS 6 e-tron, évoquée, serait finalement abandonnée.
Au final, cette A6 assume un rôle presque paradoxal. Elle met en vitrine une ingénierie diesel encore très aboutie, tout en se frottant à un marché qui plébiscite désormais l’essence électrifiée et l’électrique. Pour ceux qui veulent encore rouler au gazole, l’A6 Avant 2.0 TDI conserve donc de vrais arguments, à condition d’adhérer à certains choix d’ambiance et d’interface.





