La fermeture du détroit d’Ormuz ne secoue pas uniquement le marché pétrolier. Elle met aussi à l’arrêt un rouage bien moins visible, mais crucial, du commerce automobile : celui des voitures d’occasion japonaises qui passent par les Émirats arabes unis avant de filer vers le Moyen-Orient et l’Afrique. Avec des ports émiratis paralysés, c’est toute la chaîne logistique qui se tend d’un coup.
Les Émirats, plaque tournante désormais paralysée
Les Émirats arabes unis occupent une position clé dans ce commerce. Le pays fait office de grand centre de redistribution pour les véhicules de seconde main expédiés vers le Moyen-Orient et l’Afrique. Environ 400 négociants en voitures d’occasion y opèrent, dont beaucoup à Dubai Auto Zone, où des exemptions de droits de douane et d’impôt sur les sociétés sont accessibles sous certaines conditions.
Le circuit est bien connu : des véhicules d’occasion venus du Japon et de la Corée du Sud arrivent d’abord aux Émirats, avant d’être réexportés vers d’autres marchés. Mais avec la fermeture du détroit d’Ormuz, les ports émiratis ne peuvent plus fonctionner. Conséquence immédiate, les expéditions via ce hub commercial sont interrompues.
Et il ne s’agit pas d’un simple ralentissement. Plus de dix transporteurs de véhicules sont immobilisés dans le Golfe depuis la fermeture du passage maritime. Parmi eux, des navires liés au Japon seraient concernés.
Un risque de tension sur deux continents
Si le blocage dure, le marché mondial des voitures d’occasion japonaises pourrait rapidement en subir les effets. Au Moyen-Orient comme en Afrique, la baisse de l’offre risque d’alimenter une hausse des prix. Pour les marchés qui dépendent de ce flux de réexportation, le choc serait frontal.
Au Japon, le mouvement pourrait être exactement inverse. Le pays a exporté 1 708 604 véhicules d’occasion en 2025, soit une hausse de 9 % sur un an. Les Émirats arabes unis ont absorbé environ 15 % de ces volumes. Une part importante de ces véhicules passe par les enchères, et environ la moitié des unités mises en vente finissent ensuite à l’export.
Si les expéditions vers les Émirats restent suspendues, les stocks pourraient donc enfler au Japon. Cette accumulation pèserait sur les enchères, avec des prix susceptibles de reculer. Et l’onde de choc pourrait toucher le marché local : des valeurs de reprise moins élevées viendraient affaiblir la demande pour les voitures neuves.
La fenêtre qui s’ouvre pour les électriques chinois
Une pénurie de voitures d’occasion japonaises sur certains marchés étrangers pourrait aussi redistribuer les cartes. Dans certaines régions d’Afrique, des véhicules électriques chinois à bas coût pourraient alors s’imposer comme une alternative.
Le signal est limpide. Derrière la fermeture du détroit d’Ormuz, ce n’est pas seulement une route maritime qui se bloque, mais tout un équilibre commercial qui vacille. D’un côté, des prix qui pourraient grimper sur les marchés importateurs. De l’autre, une pression accrue sur les enchères au Japon. Le secteur de l’occasion se retrouve pris en étau.
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