Le GP du Japon F1 tombe à un moment clé pour Alpine. L’écurie française a lancé sa saison avec deux courses dans les points grâce à Pierre Gasly et Franco Colapinto, mais le passage par Shanghai a laissé un goût d’inachevé. Le résultat est là. La sensation, elle, est plus nuancée : dans le garage, on estime qu’il y avait encore mieux à aller chercher.
Alpine arrive à Suzuka avec des points, mais aussi des regrets
La tournée asiatique se poursuit sur un circuit à part. Suzuka reste l’un des tracés les plus exigeants de la F1 depuis son arrivée au calendrier dans les années 1980. Son dessin en huit, unique dans la saison, et des virages comme 130R ou les Degner en font un révélateur très fiable du niveau réel des voitures. Et cette année, le défi prend encore une autre dimension.
Sur la portion menant à 130R, une zone Straight Mode sera utilisée, comme sur l’ancienne zone d’activation du DRS dans la ligne droite des stands. Avec la réduction d’appui des monoplaces 2026, l’approche de Suzuka change. Les Esses et Spoon devraient se négocier avec des vitesses de corde plus faibles. En revanche, le deuxième secteur pourrait rester dans une fenêtre proche de celle de l’an dernier.
Steve Nielsen résume bien l’état d’esprit d’Enstone. Alpine a quitté la Chine avec une impression « douce-amère« . L’équipe a marqué neuf points sur le week-end et placé ses deux voitures dans les points pour la première fois depuis 2024. Le signal est positif, clairement. Mais pour le dirigeant, le potentiel du week-end n’a pas été exploité au maximum, alors que davantage semblait à portée.
Gasly veut prolonger l’élan, Colapinto découvre Suzuka
Pour Pierre Gasly, ce rendez-vous au GP du Japon F1 a une résonance particulière. Le Français sort d’un week-end solide en Chine, même s’il regrette d’avoir laissé « un peu de performance sur la table ». Il préfère y voir un indicateur encourageant : quand un bon résultat laisse de la frustration, c’est souvent que l’équipe commence à regarder plus haut.
Gasly connaît bien le Japon, où il a couru une partie de sa carrière en 2017. Il décrit ce week-end comme l’un de ses favoris du calendrier et rappelle que Suzuka ne laisse aucune marge. Pas question, donc, d’afficher des attentes trop élevées avant même le départ. Avec son enchaînement rapide et fluide, le tracé devrait poser des questions très spécifiques aux voitures de cette saison. Son cap est clair : se mettre dans le rythme tout de suite et aller chercher de nouveaux points avant la courte pause d’avril.
Franco Colapinto, de son côté, va découvrir Suzuka pour la première fois de sa carrière. L’Argentin a ouvert son compteur à Shanghai avec son premier point pour l’équipe. Ce qu’il retient surtout, ce sont les progrès observés entre Melbourne et Shanghai, qu’il juge très nets. La semaine précédente, il était à Enstone pour travailler avec l’équipe et enchaîner les séances au simulateur.
Colapinto veut désormais s’appuyer sur ce résultat. Il insiste sur un point : continuer à affiner la voiture, car les premières courses ont montré à quel point il fallait travailler pour trouver la bonne fenêtre. L’enthousiasme existe, mais il reste mesuré. Chez Alpine, personne ne s’imagine qu’un seul bon week-end suffit à donner le ton d’une saison.
Le vrai test commence maintenant
C’est tout l’enjeu du GP du Japon F1 pour Alpine. L’équipe sait qu’elle a retrouvé de la compétitivité en ce début de championnat. Elle sait aussi que ses rivaux ne vont pas rester immobiles. Steve Nielsen le résume ainsi : le défi est désormais de comprendre et maximiser l’ensemble du package, sur la piste comme à l’usine, tout en apportant des évolutions à la monoplace.
Suzuka fera office de révélateur. Alpine s’y présente avec des points, de la confiance, mais aussi cette frustration utile qui pousse à aller plus loin. C’est souvent dans ce type d’équilibre que se construisent les saisons solides. Reste à voir si l’écurie saura convertir cet élan en nouveau top 10 sur l’un des circuits les plus sélectifs du calendrier.
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