Marc Marquez n’annonce pas sa retraite, mais le pilote Ducati explique que son avenir en MotoGP dépend désormais autant de son rapport au risque que de sa motivation à gagner.
À 33 ans, l’Espagnol compte sept titres en catégorie reine et un retour au sommet avec Ducati en 2025. Ce palmarès ne résume pourtant plus sa façon d’envisager la compétition. Dans l’émission Helmets Off, il décrit ce qui a changé depuis sa grave blessure de Jerez en 2020 : la conscience des conséquences d’une chute, mais aussi le regard qu’il porte sur sa propre longévité.
Il ne fixe aucune échéance, mais distingue deux questions que les résultats peuvent masquer : avoir encore la vitesse pour gagner et vouloir continuer à s’exposer aux accidents.
Marc Marquez ne s’explique pas sa propre persévérance
« Pour moi, le plus difficile, c’est de continuer », confie le numéro 93 dans Helmets Off. La formule peut surprendre chez un pilote qui a remporté six titres MotoGP avec Honda entre 2013 et 2019. Elle éclaire pourtant sa manière de mesurer une carrière : moins à travers une victoire isolée que par la capacité à rester engagé pendant plusieurs saisons.
« Gagner une fois, les 22 pilotes MotoGP ont le talent pour le faire. Mais faire ça pendant plusieurs années d’affilée, persévérer et garder la même motivation, c’est quelque chose que je ne sais pas comment j’ai fait. »
Plutôt qu’une recette, Marquez évoque l’énergie de ses débuts : « Je n’ai pas d’explication. Peut-être parce que j’avais 20 ou 21 ans, et que l’énergie était différente. » La motivation demeure aujourd’hui, mais elle s’accompagne d’une expérience que le jeune champion n’avait pas encore acquise.
Cette distinction éclaire ses propos sur la retraite. Continuer ne dépend pas simplement de ses performances : c’est aussi un choix qu’il doit encore vouloir faire, malgré ce que son corps a déjà traversé.

Toprak Razgatlioglu doit être opéré et termine sa saison
Jerez 2020 a changé sa perception du danger
La rupture remonte à Jerez 2020. Une chute et une fracture de l’humérus droit ont ouvert une longue succession d’opérations, de rééducation et de nouvelles blessures. Le pilote qui avait dominé la catégorie a alors découvert des limites que ses succès avaient pu lui faire oublier.
« Avant 2020, je me sentais comme un super-héros. Puis 2020 m’a montré, et j’en ai tiré une leçon, que nous sommes humains », explique-t-il. Marquez ne considère plus les conséquences possibles d’un accident avec la même insouciance.
L’Espagnol rappelle avoir subi sept interventions chirurgicales à l’épaule et au bras droits. À ce passé médical s’ajoutent les séquelles de son accrochage avec Marco Bezzecchi en Indonésie en 2025. Son retour au titre n’efface donc pas le poids des blessures.
« Un jour, nous sommes là, et le lendemain, nous pouvons être une personne différente. » Redevenir champion ne signifie pas retrouver le rapport au danger de ses premières saisons.

Une limite que le pilote doit fixer lui-même
« Maintenant, je commence à mieux évaluer les risques, et ces risques sont les blessures et les accidents », poursuit Marquez. Il ne parle pas seulement d’accepter ou non une chute pour gagner une course : il mesure aussi ce qu’un nouvel accident pourrait lui coûter physiquement.
Il compare ainsi le MotoGP à d’autres disciplines : « Nous ne sommes pas dans un sport comme le football ou le tennis. Eux, ils donnent tout, mais le risque est bien moindre. » À ses yeux, l’engagement sportif reste indissociable de l’exposition aux blessures.
La décision reste personnelle. « Après tout, c’est le pilote qui décide où se situe la limite. » Ni un titre supplémentaire ni la capacité à rester compétitif ne suffisent, à eux seuls, à fixer cette limite.
Une retraite sans calendrier annoncé
Pour l’heure, le pilote Ducati affirme conserver l’envie de courir : « Je suis là et je participe à la compétition parce que, pour le moment, je n’ai pas baissé les bras sur le plan mental. » Son titre de champion du monde 2025 a montré qu’il pouvait encore atteindre le sommet après ses années de blessures.
Il n’avance toutefois aucune date de départ : « Il te faut donc évaluer beaucoup de choses en MotoGP avant de prendre ta retraite. » Il reconnaît que cette échéance se rapproche, sans savoir quand elle interviendra.
Andrea Dovizioso a évoqué l’hypothèse d’une retraite dès 2027 si Marquez remportait de nouveau le championnat en 2026. Ce scénario demeure l’opinion de l’Italien, pas une décision annoncée par l’Espagnol.
Chez Marquez, l’envie de participer est toujours là, sans constituer une promesse de poursuivre indéfiniment. Il sait encore gagner, mais entend décider lui-même du risque qu’il est prêt à accepter pour continuer.





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