La ZTL à Paris s’accompagne d’une baisse de 18 % du trafic dans son périmètre, mais la circulation augmente sur certains boulevards voisins alors que la verbalisation n’a toujours pas commencé.

Depuis novembre 2024, la zone à trafic limité interdit de traverser les quatre arrondissements centraux sans s’y arrêter. Elle n’exclut donc pas toutes les voitures : rejoindre son domicile, travailler, effectuer une livraison, faire des achats ou consulter un médecin restent des motifs permettant d’y circuler.
Près de deux ans après sa mise en place, Airparif mesure un recul du trafic de 18 % à l’intérieur du périmètre. La baisse ne s’arrête pas aux limites de la ZTL : elle atteint 10 à 12 % dans la zone péricentrale et le reste de Paris, ainsi que 8 % sur les grands axes immédiatement voisins.
Dans les zones étudiées, les concentrations de dioxyde d’azote diminuent en moyenne d’environ 1 µg/m³. Sur le boulevard Morland, dans le 4e arrondissement, la baisse atteint même 2 à 5 µg/m³. En revanche, aucune évolution notable n’apparaît pour les particules fines, dont les sources ne se limitent pas à la circulation routière.
La ZTL n’explique pas à elle seule ces gains. Les autres aménagements réalisés dans Paris entre 2023 et 2025 y contribuent également, et l’analyse tient compte de facteurs comme la météo et l’évolution du parc automobile.

Des reports de circulation sans dégradation de l’air
Une partie des automobilistes change d’itinéraire plutôt que de renoncer à circuler. Des hausses ponctuelles de trafic apparaissent ainsi sur les boulevards Poissonnière, de Bonne-Nouvelle et Saint-Germain.
Sur ces axes, les reports ne s’accompagnent pas d’une dégradation mesurée de la qualité de l’air. Selon Airparif, leurs effets locaux sont compensés par la baisse générale du trafic et les autres mesures de réduction des émissions routières. Le bilan ne se résume donc pas à un déplacement de la circulation vers les rues voisines.
La ZTL à Paris reste sans verbalisation

Fin septembre 2026, la Ville de Paris indiquait toujours que le dispositif restait en « phase pédagogique », sans aucune verbalisation. Un transit non autorisé expose théoriquement à une amende de 135 €, correspondant à une contravention de 4e classe, mais cette sanction n’est pas appliquée.
Le calendrier a pourtant déjà été repoussé. Initialement prévu le 1er mai 2025, le début de la verbalisation avait été reporté à septembre 2025. Plus d’un an après cette nouvelle échéance, les premiers gains sur le trafic et le dioxyde d’azote sont donc mesurés sans mise en œuvre des amendes.






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