Une décision de la Haute Cour de Londres
La Haute Cour de Londres a estimé qu’Alex Palou, quadruple champion d’IndyCar, devait verser à McLaren une indemnisation de 12 millions d’euros pour rupture de contrat. McLaren réclamait au départ 30 millions d’euros, un montant ensuite abaissé à 20 millions d’euros au fil de la procédure.
Retour sur un conflit né à l’été 2022
Au milieu de l’année 2022, Chip Ganassi Racing, l’équipe avec laquelle Palou avait décroché le titre IndyCar 2021, a diffusé un communiqué indiquant que l’Espagnol avait re-signé pour 2023. L’écurie expliquait avoir levé une option prévue au contrat, et le texte comportait une citation attribuée au pilote.
Quelques heures plus tard, Palou a publiquement contesté cette version sur les réseaux sociaux, affirmant que la citation avait été inventée. Il a indiqué avoir notifié l’équipe de son intention de partir en fin de saison pour rejoindre McLaren.
Communiqués, incertitudes et issue judiciaire
McLaren a ensuite publié son propre communiqué confirmant l’arrivée de Palou, sans préciser s’il devait intégrer la Formule 1 ou le programme IndyCar. L’affaire a alors pris une tournure judiciaire, et Chip Ganassi Racing a finalement obtenu gain de cause : Palou est resté avec Ganassi pour 2023, tandis qu’un passage chez McLaren était évoqué pour 2024.
Par la suite, Palou a nié l’existence de l’accord avec McLaren. De son côté, Zak Brown a assuré que le pilote avait indiqué n’avoir « aucune intention d’honorer son contrat », ce qui a conduit McLaren Racing et Arrow McLaren à engager une action en justice à Londres.
Ce que McLaren réclamait, et ce que le tribunal a retenu
McLaren a notamment mis en avant le coût du programme d’essais de Palou, la perte de potentielles opportunités de sponsoring et une avance sur son salaire 2024. Palou a reconnu une rupture de contrat, tout en soutenant qu’il ne devait rien à McLaren : il a affirmé avoir été induit en erreur et avoir pensé qu’il rejoindrait la Formule 1 plutôt que de rester en IndyCar.
Dans sa décision, le tribunal a cantonné les dommages aux pertes liées à l’équipe IndyCar de McLaren, et non à l’écurie de Formule 1. L’essentiel des montants retenus concerne des pertes de sponsoring ou l’effet sur des accords déjà conclus.
Détail des indemnités liées au programme IndyCar
- 5,3 millions d’euros pour couvrir la réduction d’un accord avec NTT Data
- 2,5 millions d’euros au titre d’« autres revenus de sponsoring IndyCar »
- 2 millions d’euros liés à des revenus fondés sur la performance
Réactions de Palou et soutien de Chip Ganassi
Après l’audience, Palou a déclaré que le tribunal avait rejeté intégralement les demandes de McLaren au titre de la Formule 1, qui avaient, selon lui, atteint près de 15 millions d’euros. Il a jugé les réclamations « complètement exagérées » et a regretté le temps et les coûts engagés. Il a ajouté qu’il avait choisi de ne pas piloter pour McLaren après avoir appris qu’un volant en F1 ne pourrait pas lui être proposé.
Le pilote s’est dit déçu que des dommages aient été accordés, en affirmant que McLaren n’aurait subi aucune perte au regard de ce qu’elle aurait gagné avec le pilote qui l’a remplacé. Il a indiqué examiner ses options avec ses conseillers et ne pas vouloir faire d’autres commentaires à ce stade.
Chip Ganassi a, de son côté, assuré apporter un soutien total à Palou. Il a précisé que l’équipe, tout en respectant la procédure judiciaire, restait concentrée sur la compétition, avec l’objectif de viser un nouveau championnat et de défendre sa victoire à l’Indianapolis 500 en 2025.
Accusations pendant le procès
Durant le procès, Palou a maintenu que ses contrats avec McLaren étaient « basés sur des mensonges » et qu’un baquet en Formule 1 n’avait jamais réellement été à l’ordre du jour. Son conseil a également accusé Zak Brown d’avoir détruit des éléments en supprimant des messages WhatsApp liés au dossier.






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