Cadillac F1 attaque la Formule 1 par la face la plus rude. L’écurie américaine manque encore de rythme, en qualifications comme en course, et le constat est net. Mais Mario Andretti ne verse pas dans le pessimisme. Le champion du monde 1978 voit avant tout une structure en plein apprentissage, portée par deux pilotes encore trop prudents pour tirer tout ce que le package actuel peut offrir.
Pour Andretti, la priorité est claire : écouter Sergio Perez et Valtteri Bottas. Et son jugement ne tourne pas autour du pot. « Pour être honnête, je pense qu’ils sont tous les deux un petit peu rouillés », explique-t-il. Les deux hommes ont passé au moins une saison hors du cockpit. Dans un championnat où chacun cherche encore ses repères, une telle coupure ne pardonne pas.
Des pilotes prudents, une voiture encore instable
Andretti observe chez ses deux pilotes une approche très mesurée. Avec une monoplace inédite et un ensemble technique encore en phase de découverte, l’idée est d’abord de rouler, sans dégâts ni travail supplémentaire inutile. Une retenue qui en dit long. Elle traduit aussi un manque de confiance chez un duo qui doit retrouver ses automatismes.
Le tableau technique, lui, commence à se dessiner plus clairement. Des deux côtés du garage, Andretti entend les mêmes remarques : un manque d’appui et une stabilité arrière insuffisante. Ce sont les premiers retours des pilotes, et ils pèsent lourd. Sans cette base, difficile de mettre les pilotes en confiance et d’exploiter réellement le potentiel du châssis.
Cadillac F1 n’est toutefois pas seule dans ce cas dans le paddock. Andretti le rappelle : en dehors de Mercedes et Ferrari, beaucoup d’équipes cherchent encore la bonne fenêtre pour maximiser leur situation. La hiérarchie reste donc ouverte. La différence se fera surtout sur la vitesse de compréhension et la capacité à progresser au fil de la saison.
Andretti refuse de voir petit
L’ancien champion du monde insiste aussi sur la difficulté de pilotage avec ce nouveau package. À ses yeux, les pilotes doivent presque tout réapprendre : l’usage de l’accélérateur, les réactions de la voiture, la façon d’aller chercher la limite. « Je ne suis pas sûr d’envier les pilotes en ce moment », glisse-t-il, presque soulagé d’être resté sur la touche.
Malgré ce début compliqué, Andretti refuse d’enfermer Cadillac F1 dans un calendrier rigide. Ce qu’il veut voir, c’est une progression tangible. Course après course, l’équipe doit montrer une vraie montée en puissance. Avec une cible clairement affichée : commencer à se battre régulièrement pour le top 10 d’ici la fin de saison, voire mieux.
Son message tient en peu de mots : voir grand. « Il faut penser grand », résume-t-il. Même si l’ambition peut sembler élevée au départ, Andretti y voit la seule voie possible pour devenir un acteur qui compte, puis commencer à gagner des courses.
Cadillac part de loin, sans l’expérience structurelle d’Audi avec Sauber ni l’héritage sportif d’autres nouveaux venus. Pour Andretti, la marge de progression est bien là. À une condition : que les pilotes retrouvent vite le rythme et que la monoplace gagne enfin en appui et en stabilité.
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