La F1 2026 n’a pas attendu longtemps pour lancer son premier vrai débat. Avec le yo-yoing F1 2026, conséquence directe de la gestion de l’énergie imposée par le nouveau règlement, les dépassements se multiplient. À l’écran, le spectacle saute aux yeux. Dans le paddock, le jugement est nettement plus partagé.
Leclerc et Colapinto voient aussi du positif
Charles Leclerc l’admet volontiers : au début de l’année, il était très sceptique. Après les essais, il abordait même la saison avec une vision assez négative de ce que les courses allaient devenir. Et pourtant, le pilote Ferrari dit avoir été positivement surpris. En tête de peloton, il a trouvé les bagarres plus intéressantes qu’il ne l’imaginait.
Le Monégasque ne gomme pas pour autant le côté artificiel de certains dépassements. Il les rapproche de ce que le DRS pouvait parfois produire l’an dernier. Mais tout n’entre pas dans cette catégorie. Il insiste aussi sur des manœuvres vraiment disputées, à la limite, quand deux voitures se retrouvent au même endroit avec un niveau de batterie similaire malgré des circonstances différentes. Il cite l’Australie et Shanghai, deux week-ends où il a pris plus de plaisir qu’attendu.
En qualifications, en revanche, le constat est plus sévère. Ce n’est pas ce qu’il a connu de plus amusant et, à ses yeux, le sujet mérite d’être étudié. En course, son analyse est plus nuancée. Mercedes reste, selon lui, nettement plus forte que Ferrari. Mais dès qu’une voiture sort de la bonne fenêtre d’utilisation de la batterie, elle perd beaucoup de temps au tour. Les écarts se resserrent donc rapidement. Et comme la voiture qui suit recharge davantage que celle qui précède, il devient très difficile de faire un trou une fois le duel lancé.
Franco Colapinto tient un discours assez proche. Il explique avoir trouvé les affrontements plus intéressants face à des voitures dotées d’un groupe propulseur différent, la gestion de l’énergie variant selon les équipes et les motoristes. Cette diversité rapproche les autos et tend les batailles. Il reconnaît que suivre reste compliqué, mais juge aussi les turbulences moins pénalisantes que l’an dernier.
Un grand spectacle, mais une sensation de course différente
En Chine, Colapinto assure avoir pris du plaisir, aussi bien en défense qu’en attaque. À ses yeux, les dépassements n’ont pas semblé trop artificiels, même s’il en a vu certains plus discutables. Surtout, il rappelle qu’après deux courses seulement, il est encore trop tôt pour trancher. Beaucoup de points restent à améliorer, mais il considère que la discipline avance dans la bonne direction.
Leclerc, de son côté, pensait après l’Australie que cet effet yo-yo allait rapidement s’atténuer à mesure que les équipes apprendraient à mieux exploiter l’énergie. Le week-end de Shanghai, avec un Sprint puis la course principale, devait justement permettre d’affiner les stratégies. Pourtant, les dépassements sont restés nombreux. Son regard a donc évolué : il s’attend toujours à voir un peu moins de yo-yoing avec le temps, mais il pense aussi qu’une partie du phénomène est liée à la voiture elle-même et pourrait donc durer.
Lando Norris résume bien l’ambivalence du moment. Pour lui, cela fonctionne très bien à la télévision et beaucoup de spectateurs aiment ce type de bagarre. Il dit même avoir apprécié, en observateur le week-end précédent, les duels impliquant Ferrari. Mais le pilote Mclaren pointe une limite claire : lorsqu’un pilote dépasse en vidant sa batterie, il se retrouve parfois sans aucune défense à la ligne droite suivante. À partir de là, il n’a plus vraiment les moyens de se battre.
Oliver Bearman partage ce sentiment. Oui, ces courses sont excellentes pour le spectacle. Mais dans le cockpit, elles peuvent aussi devenir frustrantes. Son exemple avec Colapinto en Chine l’illustre bien : un tour entier à préparer une attaque, une manœuvre enfin portée, puis un retour immédiat de l’adversaire à la ligne droite suivante avec une batterie bien plus chargée. On s’éloigne alors de la logique plus classique d’une meilleure sortie de virage suivie d’une attaque construite.
Liam Lawson va dans la même direction. Il voit du potentiel dans cette nouvelle génération de voitures, tout en estimant que la sensation de « vraie course » a légèrement changé. Les pilotes doivent désormais préparer leurs attaques autrement, et même une bonne utilisation de la batterie ne suffit plus toujours à conserver l’avantage.
Le verdict reste donc partagé. Le yo-yoing F1 2026 dynamise clairement les courses, mais il oblige encore les pilotes à redéfinir ce qu’ils considèrent comme un duel vraiment naturel.
Restez informé
Suivez-nous sur Google Actualités





