La fracture n’a plus rien d’une simple frustration passagère. Max Verstappen admet avoir envisagé de quitter la F1, non pas d’abord à cause des résultats, mais parce que la discipline s’éloigne, à ses yeux, de ce qu’il aime dans la course. Le quadruple champion du monde ne parle pas d’un coup de tête. Il décrit un malaise plus profond, lié à une F1 qu’il juge de moins en moins centrée sur le pilotage pur.
Un malaise qui dépasse la performance
Verstappen critique depuis longtemps l’évolution des règles. Après la course de Suzuka, il l’a dit franchement. Le pilote Red Bull reconnaît que l’idée d’un retrait lui a traversé l’esprit. « Je pense à tout ce qu’il y a dans ce paddock », explique-t-il. Puis vient la question qui résume tout : « Est-ce que ça en vaut la peine ? »
Son problème ne se limite pas à une monoplace compliquée à exploiter. Le Néerlandais assure qu’il peut accepter de finir 7e ou 8e, parce qu’on ne peut pas toujours dominer ni jouer le podium chaque week-end. En revanche, se battre à ces positions dans une F1 dont il ne partage plus la philosophie lui semble aller contre la logique même du métier. « Quand vous êtes 7e ou 8e et que vous n’aimez pas toute la formule derrière, ça ne semble pas naturel pour un pilote », résume-t-il.
Le constat est encore plus dur lorsqu’il parle d’une manière de courir devenue, selon lui, « anti-pilotage ». Il dit faire l’effort de s’adapter au quotidien, mais reconnaît que le plaisir s’efface une fois dans la voiture. Et l’argument financier, pour lui, ne tient plus. « Ce n’est plus une question d’argent, parce que ça a toujours été ma passion », tranche-t-il.
La tentation grandissante de l’endurance et du GT3
Cette prise de parole ne sort pas de nulle part. Depuis plusieurs mois, Verstappen envoie des signaux de plus en plus nets vers d’autres disciplines. Disqualifié après sa victoire en GT3 au Nürburgring le week-end dernier, il doit malgré tout participer plus tard dans l’année aux 24 Heures du Nürburgring. Et son envie de courir un jour aux 24 Heures du Mans n’est plus un secret.
L’intérêt ne se limite d’ailleurs pas au simple fait de piloter. Verstappen évoque aussi ses projets autour du GT3, comme pilote mais également à travers son équipe. Il explique prendre beaucoup de plaisir à bâtir cette activité et veut la développer dans les années à venir. En clair, s’il devait tourner la page de la F1, il ne tournerait pas celle du sport automobile.
« Je veux être ici pour m’amuser, passer un bon moment et prendre du plaisir. En ce moment, ce n’est pas vraiment le cas », confie-t-il encore. Il précise malgré tout qu’il aime travailler avec son équipe, qu’il décrit comme une seconde famille. Mais une fois installé dans la monoplace, une grande partie de ce plaisir disparaît.
Une alerte sérieuse pour la F1
Le plus marquant n’est peut-être pas l’idée d’un départ en elle-même, mais le niveau de lassitude qui transparaît. Verstappen explique qu’il continuera à s’amuser dans d’autres domaines de sa vie s’il devait arrêter. Il ne cherche d’ailleurs aucune compassion. « Je m’en sortirai », glisse-t-il.
Reste cette phrase, courte mais lourde de sens. Il trouve « un peu triste » que cette discussion existe déjà. Pour la F1, entendre l’un de ses plus grands noms remettre en cause sa place à cause de l’esprit même de la réglementation ressemble à un vrai signal d’alarme. Max Verstappen n’a pas annoncé son départ. Mais il a clairement laissé la porte ouverte.
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