BYD 2025 cristallise la tension qui traverse aujourd’hui le marché chinois de l’électrifié. Le premier constructeur chinois de véhicules à énergies nouvelles a bien signé un record de chiffre d’affaires, à 804 milliards de yuans, en hausse de 3,5 %. Mais ce record cache une réalité moins flatteuse : le bénéfice net a reculé pour la première fois depuis 2021. En cause, une concurrence devenue féroce.
Le groupe a vu ses profits tomber de 19 % l’an dernier, à 32,6 milliards de yuans. Et ce, alors même que les volumes mondiaux ont continué de progresser. BYD a vendu 4 602 436 véhicules dans le monde l’an dernier, soit 7,7 % de plus qu’un an plus tôt. Le constructeur continue donc d’avancer, mais avec une rentabilité qui s’effrite à mesure que les ventes augmentent.
L’export tire la croissance, la Chine ralentit
Le contraste se lit d’abord dans la répartition géographique des ventes. Hors de Chine, BYD a fortement accéléré, avec une hausse de 151 % à 1 046 083 unités. Cette poussée confirme le rôle désormais central de l’international dans la trajectoire du groupe.
Sur son marché domestique, en revanche, le tableau se tend nettement. Les ventes en Chine ont reculé de près de 8 % à 3 556 353 véhicules l’an dernier. Le second semestre a été particulièrement difficile, marqué par une forte baisse des livraisons. Dans le même temps, la pression des autres constructeurs chinois s’est renforcée, alors que la demande globale commençait à mollir. Dans ces conditions, la hausse du chiffre d’affaires n’a pas suffi à préserver les marges.
Ce décalage entre volumes et profits en dit long sur l’état du marché. Vendre plus ne suffit plus à protéger la rentabilité, surtout quand les remises se multiplient et que la bataille commerciale se durcit.
Un début 2026 encore plus compliqué
Les premiers chiffres de 2026 vont dans le même sens, et même au-delà. Le marché domestique a continué de se dégrader après le retrait, par le gouvernement chinois, de certaines subventions aux véhicules à énergies nouvelles à la fin de l’an dernier. Dans le même temps, la concurrence n’a pas relâché la pression.
Sur les deux premiers mois de 2026, les ventes mondiales de BYD ont chuté de 36 % à 400 241 unités. En Chine, le recul est encore plus brutal, avec 199 159 ventes, soit une baisse de 58 %. À l’inverse, les exportations ont progressé de plus de 50 % à 201 082 unités.
Le contraste est désormais flagrant. BYD 2025 montrait déjà une dépendance croissante à l’international pour compenser l’essoufflement du marché chinois. Le début de 2026 confirme cette bascule. Le groupe conserve un solide relais de croissance hors de ses frontières, mais son marché domestique pèse désormais lourdement sur ses résultats.
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