La hausse des carburants pousse certaines auto-écoles à relever leurs tarifs et pourrait augmenter le prix du permis de 150 à 200 €.

Avec 45 000 à 60 000 km parcourus chaque année, les voitures des auto-écoles rendent ces établissements particulièrement sensibles aux prix à la pompe. La flambée des carburants, alimentée par la guerre au Moyen-Orient, pèse donc directement sur le coût des formations.
Vincent Rageul, président régional de l’École de conduite française (ECF), évoque des dépenses de carburant qui auraient augmenté de 30 à 40 % depuis le début de la crise. Les marges sont déjà réduites et absorbent difficilement ce surcoût. L’achat et l’entretien des véhicules à double commande, les assurances, les salaires des moniteurs et les loyers s’ajoutent à la facture.
À Rennes, les heures de conduite coûtent déjà plus cher

À Rennes, une auto-école a fait passer son tarif horaire de 52 à 55 €. La hausse approche ainsi 6 %. L’écart compte pour les candidats qui suivent une formation de 30 heures. On paie alors 90 € supplémentaires, sans changement du nombre d’heures ni des prestations.
Patrick Mirouse, président de l’ECF, estime que la hausse pourrait atteindre 150 à 200 €. Le forfait concerné est actuellement facturé autour de 1 600 €. Cette projection ne signifie pas que tous les établissements appliqueront la même augmentation, car chacun fixe ses tarifs et supporte des charges différentes.
Le carburant n’est pas le seul facteur susceptible d’alourdir le budget. En juillet 2025, les organisations professionnelles dénonçaient une pénurie de places d’examen. Elles comparaient les 1,567 million de créneaux proposés en 2024 aux besoins de l’année suivante. Pour 2025, elles jugeaient nécessaires 2,19 millions de créneaux. Certains candidats devaient alors attendre jusqu’à 80 jours pour repasser le permis. Pendant cette attente, on peut avoir besoin d’heures de conduite supplémentaires pour maintenir son niveau.
L’électrique reste une piste, avec ses contraintes

L’électrification des flottes est une piste pour limiter les dépenses de carburant. Elle accompagne aussi la progression du permis boîte automatique, qui représentait 6,73 % des candidats reçus en 2019. Cette part est passée à 22,14 % en 2025.
Pour les élèves, cette formule impose un minimum de 13 heures de formation. Le minimum est de 20 heures en boîte manuelle. Depuis mars 2024, le délai d’attente de trois mois a également disparu. Les sept heures de formation permettant ensuite de conduire une voiture à boîte manuelle peuvent donc être suivies sans ce délai.
Mais remplacer les voitures thermiques exige des investissements et une organisation adaptée. Toutes les auto-écoles ne disposent pas de stationnements équipés de bornes, alors que leurs véhicules doivent rester disponibles tout au long de la journée. La boîte manuelle représentait encore près de huit permis B obtenus sur dix en 2025. On ne peut donc pas remplacer immédiatement l’ensemble des véhicules de formation par des électriques.





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