Jenson Button veut maintenir le calendrier F1 à un maximum de 24 Grands Prix pour préserver les équipes, tout en défendant une motorisation moins complexe qui laisserait davantage de place au thermique et aux sensations de course.

Le calendrier F1 doit s’arrêter à 24 courses
La limite défendue par Jenson Button ne concerne pas d’abord les pilotes. Le champion du monde 2009 pense surtout à ceux qui préparent les monoplaces, transportent le matériel et reconstruisent les garages à chaque étape du championnat.
Interrogé au Milken Institute Asia Summit, organisé à Singapour avant le Grand Prix, le Britannique a formulé une demande claire : « 24 courses autour du monde, c’est vraiment très difficile. Je ne voudrais pas en voir davantage. »
Ce plafond de 24 Grands Prix correspond déjà au calendrier. Button ne réclame donc pas moins de rendez-vous : il refuse que l’expansion se poursuive au-delà. À ses yeux, la capacité des pilotes à supporter ce rythme ne suffit pas à dire s’il est tenable pour l’ensemble du paddock.
Sur les pilotes, son constat est tranché : « Pour les pilotes, c’est acceptable. » Après l’arrivée, ils peuvent prendre un jet privé et rentrer chez eux. Ils ont eux aussi des contraintes de déplacement et des obligations médiatiques, mais leur départ ne marque pas la fin du travail de leur écurie.
Après le drapeau à damier, le travail continue
Pour les mécaniciens et les autres membres de l’équipe, la fin du Grand Prix ouvre une nouvelle phase. Il faut démonter le garage, emballer les équipements et préparer leur transport vers la prochaine destination. Button résume la tâche en quelques mots : « Le démontage, c’est démentiel. »
Le retour ne garantit pas non plus une pause. Les équipes rejoignent aussi l’usine, où reprend la préparation du prochain rendez-vous. Le calendrier ne se mesure donc pas seulement au nombre de départs donnés dans la saison : entre les courses, déplacements et travaux s’enchaînent.
Cette charge pèse sur des métiers où la précision reste essentielle. Les mécaniciens interviennent sur les voitures, les ingénieurs exploitent les données et la logistique assure le déplacement du matériel. S’y ajoutent les semaines passées loin de la famille, dont Button souligne le coût humain.
Avec leurs séances et leurs courses supplémentaires, les week-ends sprint alourdissent encore le programme. Le travail demandé peut donc augmenter sans qu’un Grand Prix soit ajouté. À lui seul, le plafond défendu par l’ancien pilote ne dit pas tout de la charge d’une saison.
Le thermique est déjà présent, la complexité est en cause
Button souhaite également une F1 davantage centrée sur les moteurs à combustion alimentés par un carburant durable. Ce choix doit, à ses yeux, préserver le son et les sensations associés à une voiture de course. Il reproche surtout aux unités de puissance leur complexité, qui rend la technologie influençant les courses difficile à comprendre pour les fans.
Il ne s’agit pourtant pas de réintroduire un moteur thermique disparu. Depuis 2026, les monoplaces conservent un V6 à combustion, intégré à une architecture hybride. La puissance se répartit approximativement à parts égales entre le moteur thermique et la partie électrique. Les voitures utilisent aussi un carburant durable.
La différence porte donc sur la place accordée à chaque composante et sur la simplicité souhaitée, pas sur une opposition entre une F1 entièrement électrique et une F1 thermique. La combustion reste au cœur du règlement actuel, même si elle partage davantage son rôle avec l’électrique.
Sans présenter de règlement technique détaillé, Button défend une motorisation plus lisible. Il ne demande pas non plus un retour précis aux V8 de son époque. Sa préférence va à des caractéristiques accessibles au public, sans réduire la course à une affaire d’ingénieurs.
Grandir sans tout miser sur le nombre de Grands Prix
Cette préférence ne traduit pas un rejet général du progrès technique. Button reconnaît que les constructeurs explorent plusieurs voies pour les voitures de route : électrique, hybride, hydrogène ou combustion. Il se réjouit également de l’utilisation de carburants durables en compétition historique.
Pour lui, l’enjeu est de conserver un lien compréhensible entre la technologie et le spectacle. L’innovation peut servir la discipline sans que sa complexité devienne le principal langage du championnat. Le son et les sensations comptent aussi dans la manière dont les fans perçoivent une monoplace.
Sur le calendrier, cette recherche de limites se heurte au succès de la F1. Sa popularité attire de nouveaux promoteurs et alimente les discussions sur l’expansion du championnat. Chaque Grand Prix supplémentaire apporte des revenus et de la visibilité, mais oblige aussi à déplacer une nouvelle fois le personnel, les voitures et les équipements.
Les deux demandes de Button concernent ainsi les choix de développement de la discipline, qu’il s’agisse de la place laissée à la combustion ou de la charge imposée aux équipes. Son plafond de 24 courses fixe un seuil concret. La croissance du championnat ne devrait pas reposer uniquement sur davantage de destinations et de travail pour ceux qui montent puis démontent le spectacle.







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