Chez Mercedes Alabama, le vote de 2024 n’a donc pas clos le dossier. Le constructeur vient de conclure un accord avec le National Labor Relations Board américain après des accusations visant sa conduite pendant la campagne de syndicalisation de son usine d’Alabama. En filigrane, une question qui pèse lourd dans l’industrie automobile aux États-Unis : jusqu’où un constructeur peut-il aller quand un site industriel devient le théâtre d’un affrontement avec le UAW ?
Ce que Mercedes accepte dans l’accord
Dans cet accord, Mercedes-Benz s’engage à diffuser puis à appliquer un avis rappelant aux salariés leurs droits à s’organiser. Le texte ne laisse guère de place à l’interprétation : l’entreprise affirme qu’elle ne menacera pas les employés d’une fermeture du site ou d’une relocalisation vers un site non syndiqué, comme le Mexique, s’ils choisissent d’être représentés par un syndicat.
L’accord ne s’arrête pas là. Le constructeur accepte aussi de retirer des mesures disciplinaires prises contre un salarié. Il promet également de ne pas avertir les employés qu’ils pourraient perdre des avantages en cas de syndicalisation. Autre point sensible : l’entreprise dit qu’elle ne surveillera pas illégalement les salariés et ne les interrogera pas sur la distribution de matériel syndical dans des zones non dédiées au travail pendant les pauses. Plus largement, Mercedes s’engage à ne pas entraver, restreindre ou contraindre les travailleurs dans l’exercice de leurs droits d’organisation.
Un vote rejeté par le syndicat, pas par l’administration
Le litige ramène directement au vote de 2024 organisé sur le site d’Alabama. Ce jour-là, les salariés avaient refusé de rejoindre le United Auto Workers. Le syndicat, lui, soutenait que le résultat avait été influencé par des actions illégales de l’entreprise, notamment des représailles contre des employés favorables à la syndicalisation.
Les procureurs du NLRB ont validé l’accord malgré l’opposition du UAW. Le syndicat voulait que la direction de Mercedes soit contrainte de lire elle-même l’avis aux salariés. Dans une lettre adressée la semaine dernière aux avocats du syndicat, un directeur régional du NLRB a estimé cette mesure inutile. En parallèle, une autre procédure lancée par le syndicat pour faire annuler le résultat de l’élection de 2024 reste en cours d’examen.
La ligne de défense de Mercedes
Dans sa réponse, Mercedes-Benz insiste sur un élément central : l’accord a été conclu sans reconnaissance de violation. Un représentant du groupe a déclaré : « Après la décision de nos collaborateurs de rejeter la représentation du UAW il y a deux ans, et après le retrait ou le rejet de la grande majorité des accusations du UAW, nous avons réglé ces questions avec le NLRB sans admettre de violations, malgré les objections du UAW à cet accord. »
Le constructeur ajoute vouloir travailler directement avec ses Team Members pour rester un employeur attractif et offrir un environnement de travail sûr et favorable. Il dit aussi vouloir prolonger le succès de cette usine, active depuis près de 30 ans, tout en continuant à produire des véhicules de haut niveau. Cet accord apaise une partie du contentieux, sans refermer le dossier. Il remet même en lumière les opérations de Mercedes aux États-Unis et en Allemagne, alors que le UAW demande aux autorités de veiller au respect de la neutralité affichée par le groupe lors des campagnes de syndicalisation.
Pour Mercedes Alabama, le compromis calme donc une partie du bras de fer. Mais sur le fond, celui du vote de 2024, le verdict final n’est toujours pas tombé.
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