Le projet Nissan Uber autonome se rapproche d’un cap concret. Le constructeur japonais est sur le point de finaliser un accord avec Uber pour déployer à l’échelle mondiale des véhicules autonomes dédiés au transport avec chauffeur. L’enjeu est clair : mettre sur la route, dès l’exercice fiscal 2027, des modèles de série capables d’une conduite autonome mains libres en environnement urbain.
Un trio Nissan, Uber et Wayve pour la ville
Nissan avance avec Wayve Technologies, une start-up britannique soutenue par Uber, sur les systèmes de conduite autonome destinés à de futures flottes de ride-hailing. Les trois partenaires visent le même terrain de jeu : la ville, là où la densité du trafic et les imprévus rendent l’automatisation particulièrement exigeante.
Wayve mise sur une approche d’intelligence artificielle de bout en bout. En pratique, l’IA prend en charge à la fois la perception et la décision, en analysant en temps réel les images captées par les caméras embarquées. L’objectif reste le même : automatiser la conduite même dans des scénarios routiers complexes, sans passer par une architecture plus classique et morcelée.
Chez Uber, la feuille de route est déjà tracée. Le groupe prévoit de déployer des services de transport autonome au Japon, puis sur d’autres marchés dans les prochaines années, en s’appuyant sur la technologie développée avec Nissan et Wayve. De quoi donner une autre portée à l’accord en préparation : on parle ici d’une future offre commerciale, pas d’un simple démonstrateur.
Nissan veut passer du niveau 2 au sans conducteur
Aujourd’hui, les systèmes de Nissan correspondent au niveau 2 de conduite autonome. Le conducteur doit donc encore reprendre la main dans certaines situations. Le constructeur vise désormais une capacité entièrement sans conducteur, soit le niveau 5. L’accord avec Uber s’inscrit dans cette montée en puissance, avec un passage progressif d’une assistance avancée vers une autonomie bien plus large.
Ce virage tombe à un moment sensible pour la marque. Nissan a subi des ventes faibles sur plusieurs grands marchés ces dernières années et voit dans cette collaboration un moyen de renforcer son image. En janvier 2026, le groupe a écoulé 272 782 véhicules dans le monde, en incluant Nissan et Infiniti. Les écarts régionaux sont marqués : le Japon a reculé de 11 % à 35 287 unités, tandis que l’international a progressé de 2,8 % à 217 316 unités.
De son côté, Wayve avance avec des ressources importantes. La jeune pousse a récemment levé 1,2 milliard de dollars, soit environ 1,10 milliard d’euros, lors d’un tour de table de série D, pour une valorisation post-money de 8,6 milliards de dollars. Avec des engagements supplémentaires d’Uber liés à des étapes de développement, le total de ce financement doit atteindre 1,5 milliard de dollars, soit environ 1,38 milliard d’euros.
Une offensive technologique autant que commerciale
Le dossier Nissan Uber autonome ne se limite pas à la technique. Il dessine aussi une offensive commerciale mondiale sur le marché du transport urbain, avec des véhicules pensés dès l’origine pour le service de mobilité. Si le lancement en production est bien tenu en 2027, Nissan pourrait faire de ce besoin de reconquête une vitrine technologique à grande échelle.
L’équation est limpide : Uber apporte le débouché, Wayve la brique logicielle, Nissan l’outil industriel. Reste à transformer cette promesse en voitures de série capables d’évoluer seules dans la circulation réelle.
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