Une plateforme « multi-SoC » pensée comme calculateur central
Présentée au CES 2026 à Las Vegas, la plateforme Snapdragon Ride Flex a été mise en avant par Qualcomm au travers de démonstrations embarquées. Elle est décrite comme un ensemble de System-on-Chips (SoC) capables de fonctionner de concert, afin de servir de solution de calcul centrale et évolutive pour les véhicules actuels.
L’idée est de faire tourner, sur un même matériel, des charges de travail de criticité différente : du cockpit numérique (infodivertissement) aux fonctions d’aide à la conduite (ADAS), sans oublier des fonctions de conduite automatisée.
Du cockpit à l’ADAS sur un seul SoC, avec une logique d’évolutivité
Selon Nilesh Parekh, directeur senior de la gestion produit pour Snapdragon Ride Flex, Qualcomm s’appuie notamment sur le Snapdragon SA8775P, annoncé comme étant actuellement en phase d’échantillonnage commercial, pour héberger à la fois des fonctions ADAS et des fonctions de cockpit sur un seul SoC.
Le système comprend une pile « guide assist » associée à un ensemble de capteurs incluant une caméra et un radar, afin de couvrir des fonctions ADAS répondant à des exigences réglementaires et de niveau 2. Côté cockpit, l’expérience est annoncée comme centrée sur l’utilisateur, avec la navigation et un assistant vocal Google présenté comme capable de comprendre le contexte.
Ride Flex se décline en plusieurs niveaux (entrée de gamme, milieu de gamme et premium). La version premium est annoncée pour le second semestre 2026, sur la base d’un produit « Snapdragon ranked elite ».
Démonstration en véhicule : surveillance conducteur, détection et assistance de voie
Dans le véhicule de démonstration, Qualcomm a présenté un système de surveillance du conducteur. L’affichage ADAS s’active en roulant, et le système suit le visage du conducteur afin de vérifier l’attention portée à la route. En cas de distraction, des alertes visuelles et sonores peuvent être émises.
Le dispositif est aussi présenté comme capable de détecter certaines actions, par exemple le fait de tenir une tasse de café ou un téléphone. La détection concerne également des usagers (piétons, cyclistes, motocyclistes), ainsi que des éléments de la route (marquages, panneaux, dimension de la chaussée) et la limitation de vitesse.
L’interface homme-machine a été conçue en interne par Qualcomm, avec une collaboration mentionnée avec Unreal Engine. Parmi les fonctions mises en avant, on retrouve le maintien dans la voie : lorsque l’assistance est activée, le véhicule peut rester centré dans sa voie et conserver une vitesse réglée, tout en maintenant une distance de sécurité avec le véhicule qui précède.
Qualcomm décrit ce comportement comme une « conduite collaborative ». L’activation du clignotant laisserait au conducteur la liberté de changer de voie, puis le système se réengagerait une fois le clignotant désactivé.
Pourquoi regrouper cockpit et ADAS : coût, latence et base logicielle unique
Qualcomm met en avant l’intérêt de la consolidation : exécuter les charges ADAS et cockpit sur un seul SoC permettrait de réduire le nombre d’unités de contrôle électronique (ECU). À la clé, un gain de coût pour les constructeurs, mais aussi une simplification des flux de travail et de la conception du système.
Le regroupement sur un même SoC, et dans un même espace mémoire, est également présenté comme un moyen de réduire la latence. Cela vaut notamment lors du transfert d’images caméra du système ADAS vers l’affichage cockpit, pour la visualisation d’objets détectés. Des cas d’usage comme un hub de réalité augmentée sont cités, lorsque l’augmentation et la visualisation s’appuient sur les mêmes ressources.
Autre argument avancé : une base logicielle unique faciliterait la maintenance et les mises à niveau sur la durée de vie du produit, dans une logique de véhicule défini par logiciel.
Le défi : faire cohabiter des charges de criticité différente
Le principal défi identifié tient à l’hébergement, sur un même SoC et une même base logicielle, de charges de travail de criticité différente. Cela implique des mécanismes de qualité de service, afin de garantir que les fonctions prioritaires, notamment celles liées à la sécurité, obtiennent les ressources nécessaires avant les charges moins prioritaires.
Cette gestion des ressources est présentée comme un axe majeur d’innovation. Elle passe par des choix au niveau matériel, mais aussi par des mécanismes logiciels destinés à piloter la qualité de service, en particulier sur les ressources partagées.
Assistant IA : une architecture hybride, pas forcément dépendante du cloud
L’assistant IA intégré est décrit comme reposant sur une architecture hybride : certaines tâches peuvent être réalisées localement, sans accès permanent au cloud. Dans cette approche, la connectivité n’est donc pas considérée comme systématiquement indispensable, notamment pour des demandes liées à des fonctions du véhicule, comme l’ouverture ou la fermeture des vitres.
Des requêtes plus générales peuvent également être formulées, de questions simples comme la météo à des demandes plus complexes. L’ensemble est présenté comme fonctionnant en parallèle de l’infodivertissement et des fonctions ADAS, sur une plateforme unique.





