Renaud Roubaudi, fondateur de POA, donne rendez-vous aux passionnés le 9 décembre 2026 à Paris avec « Confessions d’un bagnolard », un spectacle qui veut réconcilier les automobilistes plutôt que les opposer.

Passer de YouTube à une scène parisienne, seul face au public : le créateur de Petites Observations Automobiles décrit ce défi comme son « Everest ». Dans un entretien accordé à L’Automobile Magazine, il explique vouloir raconter sa vie avec les voitures pour réveiller les souvenirs des spectateurs. Pas question de transformer le théâtre en comparatif automobile : ici, les conducteurs comptent davantage que les fiches techniques.
La représentation est annoncée le mercredi 9 décembre 2026 à 20 heures, au Théâtre 13è Art, place d’Italie, à Paris. Avec ce rendez-vous, il entend redonner une place à une passion parfois difficile à assumer, sans en ignorer les contradictions ni les petites manies.
Renaud Roubaudi, de la Peugeot 106 aux débuts de POA
L’histoire commence bien avant les vidéos. Enfant, Renaud Roubaudi reconnaissait déjà les voitures à distance, mais gardait cette passion pour lui dans une famille où l’automobile n’occupait pas les conversations. Une école de publicité, puis un travail en agence l’ont d’abord conduit ailleurs.
Il a ensuite monté un magazine de tourisme, dans lequel il racontait notamment les belles routes à parcourir. Après la faillite du titre, survenue à la suite des attentats du 11 septembre 2001, il est retourné vivre chez ses parents. Le déclic est arrivé en Espagne, au volant de la Peugeot 106 prêtée par sa mère : arrêté au bord de la route, il a décidé de faire de l’automobile son métier.
Ses premières rubriques pour des magazines lui ont ouvert les portes des lancements de voitures premium. Il se souvient aussi d’une commande de Stéphane Meunier, de L’Automobile Magazine, pour un essai de Classe G AMG. Puis son frère l’a poussé à créer le blog POA fin 2008. La chaîne YouTube a suivi en 2010, avec un simple caméscope.
De ce parcours, il retient surtout les rencontres. Les personnes qui l’abordent ne lui parlent pas seulement des modèles présentés : elles racontent leur propre vie automobile. Ce sont ces histoires personnelles qu’il veut désormais porter sur scène.
Cinq familles pour raconter notre rapport à la voiture
Le mot « bagnolard » est choisi avec ses aspérités. Roubaudi y voit un terme qui traduit les contradictions de l’amateur d’automobile, parfois montré du doigt, notamment dans les grandes villes. Son spectacle évoque autant cette solitude que les comportements dont les passionnés peuvent eux-mêmes sourire.
Faire plusieurs fois le tour du quartier pour dénicher une place où la carrosserie ne risque rien, chercher sans relâche la bonne voiture dans la bonne couleur avec les bonnes options : ces habitudes nourrissent le récit. Il ne s’agit pas de défendre chaque manie, mais de permettre à chacun de s’y reconnaître.
Le spectacle distingue cinq familles de bagnolards. La « Madeleine de Proust » renvoie à la voiture de l’enfance, tandis que la « Voiture Star » désigne celle qui a marqué l’imaginaire, comme la Citroën SM de César et Rosalie pour Roubaudi. Viennent ensuite les « Pistards » et les « Mécanicos », auxquels il rend hommage tout en reconnaissant que la mécanique n’est pas son domaine de prédilection.
Sa catégorie favorite reste le « Bagnolard qui s’ignore ». Celui-ci affirme ne pas s’intéresser aux voitures, mais apprécie les sièges massants de son véhicule de fonction et possède des opinions bien arrêtées sur l’automobile. De quoi élargir le cercle au-delà des passionnés déclarés.
Un seul-en-scène construit avec le public
Sur les planches, le fondateur de POA ne sera pas livré à lui-même. Les producteurs de Caramba l’accompagnent, tandis que Christophe Gendreau, metteur en scène venu de la musique, est devenu coauteur du spectacle. Roubaudi souligne son aide dans l’articulation du texte et retient cette formule qu’il lui a adressée : « Les gens ne viennent pas te voir, c’est toi qui viens les voir. »
Cette idée guide aussi la mise en scène. Un grand écran diffusera des photos et des vidéos, mais la soirée reposera également sur les échanges avec la salle. Le journaliste Cédric Faiche, de Télématin, interviendra au micro auprès des spectateurs.
Le débat entre thermique et électrique aura sa place dans le dernier tiers de la représentation, sans prendre la forme d’un affrontement. Roubaudi prévoit un jeu de questions-réponses autour du « c’était mieux avant ». Il assume aussi les plaisirs apportés par la modernité, à commencer par les volants chauffants qu’il affectionne.
Retrouver le contact au-delà des vidéos
Ce passage au théâtre répond également à la multiplication des contenus automobiles sur YouTube. Roubaudi imagine qu’une intelligence artificielle pourrait un jour créer une chaîne avec des personnages virtuels. Lui choisit la direction opposée : rencontrer physiquement le public, parler avec lui et accepter de s’exposer sur scène.
Il espère surtout que les spectateurs repartiront avec l’envie de raconter leur propre histoire. La voiture devient alors le point de départ d’une conversation, plutôt qu’un motif supplémentaire de désaccord.
Si l’expérience parisienne fonctionne, il rêve de jouer ailleurs en France, puis de retrouver les habitants autour de leurs voitures sur une place de village le lendemain matin. Pour l’heure, le rendez-vous est fixé au Théâtre 13è Art, 30 place d’Italie, dans le 13e arrondissement de Paris, pour une soirée consacrée aux visages et aux souvenirs qui se cachent derrière le mot « bagnolard ».





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