Stellantis passe à la vitesse supérieure dans l’économie circulaire. Le groupe prépare un troisième centre de démantèlement de véhicules en fin de vie, dans une nouvelle région dont il n’a pas encore dévoilé le nom. Ce site viendra renforcer un dispositif déjà en place à Turin depuis 2024 et à São Paulo depuis août 2025. Objectif : récupérer davantage de pièces réutilisables pour les remettre sur le marché de l’après-vente comme pièces d’origine d’occasion.
Un maillon de plus dans la stratégie 4R
Le rôle de ces centres est clairement défini. Les véhicules hors d’usage y sont démontés afin d’en extraire les composants encore exploitables. Les pièces repartent ensuite dans le circuit commercial, pendant que les matériaux qui ne peuvent pas être réemployés sont dirigés vers le recyclage. À Turin, Stellantis a déjà mis en place une boucle fermée pour l’aluminium. Les moteurs récupérés sont envoyés chez SOREMO, où ils sont transformés en lingots d’aluminium destinés à la fabrication de nouveaux moteurs.
Cette activité s’inscrit dans la stratégie 4R du groupe : Reman, Repair, Reuse et Recycle. Laurence Hansen, directrice monde de l’économie circulaire chez Stellantis, résume la logique du dispositif : l’offre Reuse, alimentée par les centres de démantèlement du constructeur et complétée par un réseau de démonteurs certifiés, propose un large choix de pièces d’origine d’occasion comme alternative pratique, durable et abordable pour l’après-vente. Elle précise que ces composants peuvent être jusqu’à 70 % moins chers que des pièces neuves, tout en conservant fiabilité, qualité et traçabilité complète.
Des volumes en nette hausse en 2025
L’ouverture de ce troisième centre intervient dans un contexte de forte progression de l’activité en 2025. Dans le traitement des véhicules en fin de vie via la coentreprise Valorauto, Stellantis a dépassé les références européennes avec un taux de recyclage de 89,9 % et un taux de valorisation de 97,7 %.
Le groupe met aussi en avant la montée en puissance de la seconde vie des batteries haute tension. Les volumes d’énergie vendus à des tiers ont été multipliés par plus de quatre pour atteindre 123 000 kWh. Une partie de cette énergie est utilisée dans le système de stockage PIONEER à l’aéroport de Rome Fiumicino.
Même dynamique du côté du réemploi. En 2025, l’activité a progressé de 51 % sur un an. Cette hausse repose notamment sur l’expansion de la plateforme e-commerce B-Parts en Europe, avec une arrivée au Royaume-Uni, ainsi que sur sa première année complète d’activité en Amérique du Nord. Sur ces marchés, le stock a dépassé 15 millions de pièces d’occasion. Le Brésil a lui aussi contribué à cette progression, via des canaux physiques et numériques, notamment avec la boutique Circular AutoPeças sur Mercado Livre. Stellantis a également ouvert de nouvelles boutiques sur eBay pour les clients européens et lancé une plateforme de pièces réemployées en Chine via la coentreprise Oruide.
Le remanufacturing suit le même rythme
Le reste des activités 4R continue sur la même lancée. Le remanufacturing a progressé grâce à de nouvelles lignes de produits et à des volumes plus élevés. Au Circular Economy Hub en Italie, Stellantis a ainsi remanufacturé plus de 28 600 moteurs.
Avec ce troisième centre de démantèlement, le groupe densifie un peu plus une organisation déjà bien structurée. La logique reste la même : récupérer davantage, recycler plus efficacement et réinjecter plus vite les composants dans le circuit après-vente.
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