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Le carburant du MotoGP en 2027 pourrait coûter 86 €/l

Le carburant du MotoGP en 2027 pourrait coûter environ 86 euros le litre avec le passage au 100 % non fossile. Le WorldSBK conservera l’E40 et vise un prix de 5 à 7 euros le litre grâce à un fournisseur unique, encore à désigner.

Une moto de compétition sur circuit, en illustration des choix de carburant prévus pour 2027. Moto GP

Le carburant du MotoGP en 2027 pourrait coûter 86 euros le litre, un montant encore loin d’être fixé.

Le non fossile change la donne en Grands Prix

86 euros le litre : c’est une estimation, pas un tarif arrêté. Elle donne toutefois la mesure du changement en Grands Prix. Dès 2027, les trois catégories devront utiliser un carburant entièrement d’origine non fossile. On tient là un virage technique qui pourrait coûter cher aux acteurs du championnat.

Mais attention : 100 % non fossile ne signifie pas intégralement synthétique. Les fournisseurs pourront utiliser des biocarburants ou des e-carburants, à condition de respecter les spécifications réglementaires. Le point commun imposé est l’abandon du carburant conventionnel issu du raffinage du pétrole brut.

Cette distinction aide à comprendre le prix évoqué. Produire ces carburants et les adapter aux prototypes de compétition demande des procédés coûteux. La recherche et le développement exigent aussi des investissements plus importants que pour une essence conventionnelle produite à grande échelle. Le montant estimé ne correspond donc pas seulement au produit versé dans le réservoir. Il reflète indirectement le coût d’une technologie encore en développement.

Le MotoGP met cette évolution au cœur de son rôle de laboratoire. Il accepte que la transition pèse sur les coûts pour faire avancer ces carburants. En WorldSBK, on suit un autre calendrier et une autre logique.

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En Superbike, l’E40 et un fournisseur unique pour réduire la facture

Le WorldSBK conservera son carburant E40, composé à 40 % d’éléments renouvelables. Sa transition ne suit donc pas le calendrier des Grands Prix. En parallèle, le championnat prépare un fournisseur unique. Il doit remplacer les accords conclus séparément par les constructeurs avec leurs partenaires.

Aujourd’hui, Ducati travaille avec Shell. Bmw utilise notamment des carburants développés par Coryton. Selon les estimations évoquées pour les produits actuellement employés, le carburant Shell coûte autour de 30 euros le litre. Celui de Coryton dépasse 50 euros le litre. Le coût est donc déjà un enjeu, sans obligation de passer à un carburant entièrement non fossile.

Avec un appel d’offres et un approvisionnement centralisé, le WorldSBK vise 5 à 7 euros le litre. Ce n’est encore qu’une projection : le fournisseur n’a pas été désigné. Les conditions définitives de l’accord restent inconnues. Le principe d’un carburant commun existe déjà en WorldSSP. Son application au Superbike aura toutefois ses propres conséquences techniques.

Comparer directement les prix serait trompeur. On parle de carburants de composition différente, avec des modes d’approvisionnement différents. Le MotoGP demande du non fossile intégral pour ses prototypes. Le WorldSBK conserve une part fossile et cherche à réduire le prix par la concurrence entre fournisseurs, puis par un achat commun.

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Ducati et BMW : même carburant, moins de liberté

La baisse de coût recherchée en Superbike a une contrepartie. Avec un carburant unique, les constructeurs ne pourront plus choisir librement un produit développé avec leur partenaire habituel. Ils ne pourront plus non plus développer leurs moteurs autour de ses caractéristiques. Ducati et BMW devront utiliser le même carburant que leurs rivaux.

Chez Ducati, la collaboration technique avec Shell fait depuis longtemps partie du développement des motos de compétition. BMW travaille notamment avec Coryton. Résultat : la standardisation retire une variable aux constructeurs et limite leurs choix sur le carburant. Elle vise aussi à éviter que ce poste de dépense ne continue de grossir.

C’est le compromis recherché par le WorldSBK. Laisser chaque marque développer son carburant avec un partenaire peut avantager celles qui ont les plus gros budgets. Un produit commun réduit cette liberté, mais donne au championnat un moyen de maîtriser la facture.

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Deux championnats, deux priorités pour 2027

Le contraste va au-delà du prix au litre. En MotoGP, le carburant devient un axe majeur d’innovation. L’ambition est de développer une technologie qui pourrait trouver, à terme, des applications plus larges. En WorldSBK, la transition environnementale avance plus progressivement. La standardisation doit aussi aider à limiter les coûts.

Ces choix correspondent à la nature des deux championnats. D’un côté, des prototypes soumis à une nouvelle exigence de carburant. De l’autre, une compétition dérivée de la série qui veut contenir ses coûts. On ne peut pourtant pas prendre les prix évoqués pour 2027 comme des factures définitives. Les 86 euros restent une estimation. L’objectif de 5 à 7 euros en Superbike dépend encore de l’attribution du contrat.

La différence établie porte sur les règles et les priorités. Le MotoGP imposera un carburant entièrement non fossile dans les trois catégories des Grands Prix. Le WorldSBK gardera l’E40 et prépare un fournisseur unique. En 2027, le carburant sera un choix technique autant qu’économique pour les deux championnats.

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Louis

Louis, rédacteur en chef de Moteur Actu depuis 2024, couvre quotidiennement l'actualité automobile et la Formule 1. Spécialisé sur les véhicules électriques, l'industrie européenne et les nouveautés constructeurs, il décrypte les annonces, résultats financiers et tendances du marché auto.

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