La CGT de TotalEnergies appelle à la grève le jeudi 8 octobre sur tous les sites du groupe, raffineries comprises. L’effet à la pompe dépendra de la mobilisation et, surtout, de sa durée.
Le gazole dépasse 2,39 € le litre en moyenne et le mois d’octobre s’annonce agité autour des raffineries et des dépôts de carburant. Premier rendez-vous : le jeudi 8 octobre. À l’heure où nous publions, nous n’avons identifié aucun appel à bloquer les raffineries avant cette date.
Un appel à la grève sur tous les sites de TotalEnergies
L’appel a été lancé à la mi-septembre par la CGT du groupe. Il vise « tous les sites du groupe », selon le syndicat cité par l’AFP : les raffineries, mais aussi certaines stations-service. Deux filiales sont concernées. Hutchinson, spécialiste du caoutchouc et des joints pour l’industrie, et Argedis, qui gère environ 180 stations TotalEnergies, principalement sur autoroute.
Le mouvement pourrait se traduire par des arrêts d’expédition de carburants depuis les raffineries ou par des fermetures de stations-service, « en fonction de l’engouement » des salariés et « des modalités décidées » localement, a indiqué à l’AFP Eric Sellini, coordinateur CGT au sein du groupe. L’appel porte sur la journée du 8 octobre. Les modalités, et une éventuelle suite, se décideront site par site.

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Salaires, effectifs, canicule : ce que réclame la CGT
« Le carburant atteint des prix records et les salaires, eux, restent bloqués », écrit le syndicat dans son appel. La CGT réclame des hausses de salaires et prend pour repère le dividende, en hausse de 5,6 % au titre des résultats 2025. « La référence maintenant, ce sont les augmentations qui sont accordées aux actionnaires », résume Eric Sellini.
Le syndicat décrit aussi des effectifs « sous tension » dans les raffineries, avec un recours croissant à l’intérim et aux CDD, et des conditions de travail qui se sont dégradées pendant les périodes de canicule. Dans les filiales, de nombreux salariés toucheraient la prime d’activité pour compléter leur rémunération, toujours selon la CGT. La direction de TotalEnergies n’a pas, à notre connaissance, réagi publiquement à cet appel.
TotalEnergies, la moitié du raffinage français
Le groupe exploite trois des six raffineries de pétrole brut de métropole : Normandie, à Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime), Donges (Loire-Atlantique) et Feyzin (Rhône). À elles trois, elles représentent environ la moitié des capacités de raffinage du pays. S’y ajoute un réseau d’environ 3 300 stations-service.
Ces stations sont prises d’assaut depuis l’été. Depuis le 22 juillet, TotalEnergies y plafonne l’essence à 1,99 € le litre et le gazole à 2,25 €, soit environ 14 centimes sous la moyenne nationale du gazole. Ce plafonnement a provoqué une ruée des automobilistes et des difficultés logistiques, rappelle l’AFP. Une fermeture de ces stations, même brève, renverrait leurs clients vers des enseignes plus chères.
Faut-il craindre une pénurie de carburant ?
Une journée de grève ne vide pas les cuves. Les stations et les dépôts disposent de réserves, et la France détient des stocks stratégiques équivalant à environ trois mois de consommation. Le risque est ailleurs : une grève reconduite, avec des expéditions bloquées plusieurs jours, et des pleins de précaution qui assèchent les stations plus vite que les camions ne les remplissent.
Le précédent date de l’automne 2022. Une grève sur les salaires chez TotalEnergies et Esso-ExxonMobil avait duré plusieurs semaines. À la mi-octobre, près d’un tiers des stations-service du pays manquaient d’au moins un carburant, et le gouvernement avait fini par réquisitionner des salariés.
Rien de tel n’est annoncé aujourd’hui. Inutile, donc, de se précipiter à la pompe : mieux vaut éviter de rouler sur la réserve dans les jours qui précèdent le 8 octobre et comparer les prix des stations près de chez vous.
Dépôts, stations, routiers : les autres dates d’octobre
Le 8 octobre n’est pas la seule échéance. Des collectifs se réclamant des Gilets jaunes appellent à une mobilisation nationale le samedi 17 octobre, avec des actions annoncées devant des stations-service, des dépôts pétroliers et des raffineries. Ils réclament notamment un blocage des prix à la pompe et un contrôle des marges. L’ampleur de cette mobilisation reste impossible à évaluer.
Les transporteurs suivent. L’OTRE et la Fédération des autocaristes indépendants (FAI) appellent les entreprises du transport routier à se mobiliser à Paris à partir du mercredi 21 octobre. Écartés du plan d’aides présenté le 22 septembre, ils demandent une baisse des prix à la pompe et une meilleure indexation du coût du carburant dans leurs tarifs.
Les agriculteurs ont déjà franchi le pas. Le 20 septembre, environ 150 Jeunes Agriculteurs ont bloqué le dépôt pétrolier de Saint-Baussant (Meurthe-et-Moselle), selon France 3 Grand Est, pour obtenir le versement des aides promises sur le gazole non routier.
Des prix toujours au plus haut
Ces mobilisations ont la même origine : la flambée des prix sur fond de guerre au Moyen-Orient. Selon nos relevés, le gazole s’est établi à 2,395 € le litre en moyenne sur la semaine du 21 septembre, soit 16,1 centimes de plus en quatre semaines. Le SP95-E10 atteint 2,154 € le litre.
Le gouvernement a répondu le 22 septembre par des aides ciblées, dont une aide « grands rouleurs » de 100 € étendue à 5,5 millions de personnes. Il écarte pour l’heure une baisse des taxes, contrairement à l’Allemagne, qui les réduit de 17 centimes par litre, et à l’Espagne, où l’aide atteint 20 centimes en octobre.
À lire aussi : Carburants : le gazole à 2,395 € le litre (semaine du 21 septembre)





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