Les premières sorties des monoplaces de F1 2026 n’ont pas seulement alimenté les discussions sur le look ou la pointe de vitesse. Dans le paddock, le ton est vite monté. Au point de pousser Stefano Domenicali à calmer le jeu avec un « don’t panic ». Derrière les réactions, une crainte revient : que la nouvelle formule tourne à la course à l’économie. Et sur ce point, la FIA laisse clairement la porte entrouverte à des retouches rapides et ciblées.
Des critiques tous azimuts, pas seulement des pilotes
« The chef can drive them ». « it’s Formula E on steroids ». Les petites phrases ont fusé quand les pilotes ont enfin pu « étirer les jambes » des voitures 2026. Et elles résument bien l’ambiance de ces premiers roulages.
Depuis plusieurs semaines, les griefs s’accumulent dans les discussions techniques. La sécurité est citée, oui. Mais aussi la difficulté à dépasser, et surtout l’idée que la course pourrait passer derrière la gestion de l’énergie.
La FIA, elle, remet ces retours dans leur contexte. Nikolas Tombazis, directeur monoplaces à la FIA, rappelle que l’été et l’automne précédents, beaucoup s’exprimaient surtout via le simulateur, avec des inquiétudes « énormes ». À ses yeux, les commentaires entendus à Barcelone et à Bahreïn sont « certainement bien meilleurs » que ceux du simulateur. Pour autant, tout n’est pas réglé. Certaines remarques, « comme ce que Max a dit », restent bien présentes.
Tombazis : « Nous pourrions devoir faire des ajustements »
Pas de langue de bois du côté de Tombazis : « Nous sommes parfaitement conscients que nous pourrions devoir faire des ajustements. » Le sujet, précise-t-il, est sur la table depuis longtemps avec les équipes, les motoristes et les pilotes. L’objectif est de trouver, « en tant que sport », les leviers permettant d’ajuster le règlement.
Sur le domaine le plus susceptible d’évoluer, il vise « potentiellement certaines règles liées au déploiement de l’énergie ». Message important : il ne s’agit pas de pousser les équipes à revoir leur architecture. « Il n’y aurait pas besoin de changer votre système », insiste-t-il. En clair, on parle davantage de la manière d’exploiter l’énergie que du matériel lui-même.
Reste une conséquence très concrète pour les ingénieurs moteur : toucher à la façon d’utiliser l’énergie modifie le « duty cycle » (cycle d’utilisation). Et un motoriste pourrait se dire qu’avec cette information, il aurait fait certains choix « un peu différemment ».
Pour la FIA, la situation n’a rien d’un naufrage. Tombazis estime qu’on n’est pas « dans une mauvaise position » et que nombre d’inquiétudes ont déjà été traitées. À ses yeux, le travail réalisé représente « 90% » du chemin vers une situation « raisonnable ». Mais il refuse de vendre un produit fini : « Avons-nous répondu à chaque inquiétude ? Non », concède-t-il.
Un calendrier serré, mais pas de panique entre deux GP
Le calendrier, lui, n’attend pas. La première course arrive « dans une semaine », avec une Sprint en Chine juste derrière. De quoi imaginer une réaction immédiate entre l’Australie et la Chine ? Tombazis calme aussi cette idée : il parle de discussions sur « quelques semaines » et rappelle le passage obligé par le processus de gouvernance.
Le vrai crash-test, selon lui, c’est le premier Grand Prix. En essais, « ils ne courent pas vraiment les uns contre les autres ». La ligne directrice reste donc de trancher « pour le bien du sport ». Et Tombazis résume l’état d’esprit : « C’est un marathon, pas un sprint. » L’enjeu dépasse l’ouverture de saison. La FIA se donne une fenêtre de cinq ans et assure disposer d’outils clairs pour agir, en discutant « ouvertement et de manière transparente ».
En synthèse, il n’est pas question de révolution, mais d’ajustements possibles sur le déploiement d’énergie. La F1 2026 apparaît en progrès par rapport aux craintes issues du simulateur, mais la première course servira de juge de paix.
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