La F1 2026 devait ouvrir un nouveau cycle technique. Après Melbourne, elle fait surtout naître un vrai malaise dans le paddock. Lando Norris et Max Verstappen ne masquent plus leur rejet d’un règlement qu’ils jugent artificiel, imprévisible et potentiellement dangereux.
Un spectacle animé, mais très loin d’une vraie bagarre
Oui, la course a multiplié les dépassements. Mais le spectacle vu en piste raconte autre chose. Beaucoup de manœuvres ont davantage dépendu de la gestion d’énergie ou d’un simple déclenchement de puissance que de freinages tardifs et de duels à l’ancienne.
Le début de course l’a montré très vite. Mercedes avait les voitures les plus rapides, mais ses deux pilotes ont manqué leur envol à cause du niveau de batterie. George Russell l’a résumé sans détour : il n’avait « rien dans le réservoir« . De son côté, Oscar Piastri a abandonné avant même le départ. Le pilote Mclaren a ensuite expliqué qu’il avait « environ 100 kW de puissance supplémentaire » qu’il n’attendait pas, en précisant que ce n’était « pas insignifiant ».
Norris voit un risque majeur pour la sécurité
Chez Lando Norris, le constat est frontal. Le Britannique parle d’un « chaos » créé par l’écart de vitesse entre une voiture qui stocke son énergie et une autre qui la libère. À ses yeux, le scénario peut mener à un gros accident.
Il décrit une course subie par moments, où les pilotes se retrouvent à attendre qu’il se passe quelque chose de grave. La situation, dit-il en substance, est inconfortable, et le comportement du groupe propulseur rend l’ensemble « très artificiel« . Selon la phase de course, un pilote peut se faire avaler par cinq voitures sans pouvoir répondre. Puis profiter, quelques instants plus tard, d’un avantage tout aussi soudain.
Ce qui l’inquiète le plus, c’est l’ampleur des écarts. Norris parle de différences de 30, 40 ou 50 km/h. Et il pousse le raisonnement plus loin : en cas de contact à une telle vitesse, un pilote peut être projeté, passer au-dessus des barrières et se blesser gravement, avec des conséquences possibles pour d’autres concurrents.
Verstappen réclame des changements dès cette saison
Max Verstappen tient un discours très proche. Le Néerlandais rappelle qu’il aime courir, mais estime que les pilotes ne peuvent pas accepter cela indéfiniment. Il veut croire que la FIA et la F1 sont prêtes à écouter. Maintenant, il attend des mesures concrètes.
Verstappen insiste aussi sur la nature de ces critiques. Elles ne viennent pas seulement des pilotes, dit-il, mais aussi des fans qui veulent le meilleur pour la discipline. Il l’affirme clairement : il veut que la F1 reste une « vraie F1 », une F1 « sous stéroïdes« , et considère que Melbourne n’a pas encore répondu à cette attente.
Interrogé sur l’idée de voir certains pilotes se détourner de la discipline, il a ramené le débat au règlement. C’est là que se situe l’urgence, selon lui. Le champion du monde espère même que des solutions différentes pourront être trouvées au cours de cette année pour rendre les courses plus agréables pour tout le monde.
La F1 2026 n’a livré qu’un premier verdict, mais il pèse déjà lourd. Derrière l’abondance de dépassements, deux têtes d’affiche du plateau voient surtout une course dictée par l’énergie, très éloignée de l’ADN qu’elles attendent de la Formule 1.
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