La Ferrari F1 a beau bien s’arracher au départ, le verdict retombe vite en course : sur la durée, la Mercedes W17 creuse l’écart et la SF-26 ne suit pas. Pour Luca di Montezemolo, le problème est limpide. La monoplace de Maranello est réussie, mais pas assez pour aller chercher un titre mondial.
Une SF-26 rapide au départ, puis distancée
Depuis les essais de pré-saison, la SF-26 s’est surtout fait remarquer par ses envols au départ. C’est son arme la plus visible. Mais après les premières boucles, les positions se stabilisent et Mercedes reprend la main. Ferrari peut bien apparaître comme la deuxième force du plateau, et la rivale la plus proche de la W17, elle ne parvient jamais vraiment à tenir le rythme sur l’ensemble d’un relais.
Montezemolo ne cherche pas à adoucir le constat. « Je suis désolé de le dire, au moins au vu de ce que nous avons vu jusqu’ici cette saison, ils ont une bonne voiture mais pas une voiture capable de gagner le championnat du monde », affirme-t-il. L’ancien patron de Ferrari appuie là où ça fait mal avec une statistique qui, à ses yeux, en dit long : depuis dix ans, l’équipe n’est jamais arrivée à la dernière course encore en lice pour le titre pilotes.
La comparaison avec sa période à lui est assumée. « De mon temps, nous avons perdu onze championnats au tout dernier moment. Je m’en souviens comme de coups de poing dans l’estomac, mais au moins nous étions là pour nous battre. » Tout n’est pas fermé pour autant. « L’écart est assez énorme, mais les équipes qui chassent les leaders peuvent progresser. Peut-être que ce n’est pas aussi tranché que cela en a l’air. »
Antonelli, le regret qui pique Maranello
Autre sujet sensible, Kimi Antonelli, vainqueur à Shanghai. Le jeune Italien, écarté très tôt par Ferrari à l’époque du karting, a finalement été récupéré par Mercedes. Et pour Montezemolo, l’image a forcément une portée particulière. « Sa victoire m’a ému », confie-t-il au sujet du pilote de 19 ans.
Il met en avant sa progression et surtout sa lecture de course. « Il avait eu des problèmes au départ, pourtant il ne s’est pas découragé, il a pris la tête et a mené sans hésiter, en ne prenant des risques qu’à la fin. » Puis vient un compliment appuyé sur son comportement : « Il a montré une maturité et un sang-froid peu caractéristiques d’un Italien, et surtout pas de quelqu’un de son âge. » Montezemolo insiste aussi sur son équilibre. Antonelli a « les pieds sur terre », dit-il, avant d’admettre qu’il était « un peu agaçant » de le voir gagner dans une Mercedes.
Le dossier est d’autant plus sensible pour Maranello qu’Antonelli a grandi non loin de Ferrari et a couru pour Tony Kart, une structure étroitement liée à la marque italienne. Pourtant, il n’y a pas eu de contact. Son père avait expliqué qu’à un moment, Ferrari jugeait le pilote trop jeune pour être évalué.
Pourquoi Ferrari ne l’aurait pas lancé si tôt
Montezemolo défend malgré tout une logique différente de celle d’hier. Aujourd’hui, explique-t-il, les équipes ne se limitent plus aux résultats en karting. Elles épluchent aussi les données du simulateur, devenu central dans la formation et la sélection des jeunes pilotes. De quoi faciliter l’identification de profils très jeunes, bien plus qu’autrefois.
Il cite Max Verstappen comme une exception marquante. À 12 ans, dit-il, c’était déjà le plus fort de tous, mais son avenir était déjà encadré, après un échange avec Helmut Marko. Pour Antonelli, en revanche, Montezemolo reste catégorique : le lancer immédiatement chez Ferrari aurait été une erreur. « Prendre quelqu’un comme Antonelli et le mettre tout de suite chez Ferrari aurait signifié le détruire », tranche-t-il.
Il rappelle enfin une méthode qu’il juge plus saine, celle utilisée avec Felipe Massa, envoyé chez Sauber pour accumuler de l’expérience avant de rejoindre la Scuderia. Le regret existe, oui. Mais à ses yeux, la précipitation aurait pu coûter encore plus cher.
Ferrari reste donc la première poursuivante, sans parvenir pour l’instant à menacer Mercedes sur la durée. Et pendant que la Ferrari F1 cherche encore comment combler l’écart, le cas Antonelli rappelle qu’à Maranello, certaines occasions manquées laissent des traces durables.
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