Le MotoGP en Indonésie oppose Aprilia et Ducati à égalité chez les constructeurs, avec seulement deux points entre Jorge Martín et Marc Márquez.
Ducati reste en tête, mais Aprilia est à égalité
Mandalika accueille la 17e manche de la saison 2026, avec une lutte serrée sur deux fronts. Jorge Martín arrive avec deux points d’avance sur Marc Márquez au championnat pilotes. Chez les constructeurs, Aprilia et Ducati comptent chacune 469 points. Il reste six manches à disputer.
Ducati conserve la première place grâce à ses huit victoires, contre sept pour Aprilia. Le constructeur de Borgo Panigale vise un septième titre mondial constructeurs consécutif. Mais cette fois, on est loin de son avance habituelle : les deux marques sont à égalité.
Le règlement compte pour comprendre ce duel. À chaque Sprint et lors du Grand Prix du dimanche, seule la moto la mieux classée de chaque constructeur marque. Plusieurs pilotes aux avant-postes offrent donc davantage de possibilités de prendre des points. Leurs résultats ne s’additionnent pas.
Ducati vient aussi de décrocher sa 100e victoire en MotoGP au Japon. Pourtant, Luigi Dall’Igna, directeur général de Ducati Corse, juge ce championnat « probablement le plus difficile ». Les succès récents ne lui font pas oublier la concurrence : « Nous sommes vraiment très proches de nos concurrents. »


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Moins d’erreurs, la priorité d’Aprilia
Pour Massimo Rivola, directeur général d’Aprilia Racing, cette lutte ouvre une chance de décrocher un premier titre mondial MotoGP. Il mesure la difficulté du défi. En face, Ducati a dominé les dernières saisons.
La priorité d’Aprilia n’a pas changé depuis le début du championnat. Le titre pourrait revenir à celui qui commettra le moins d’erreurs. Rivola reconnaît que son équipe n’a pas toujours respecté ce principe : « Nous en avons commis beaucoup, en réalité, donc nous ne nous sommes pas vraiment tenus au plan, mais c’est la course. »
Il faut maintenant exploiter cette position jusqu’au bout. On en revient à l’objectif fixé par Rivola : donner le meilleur de l’équipe. Pour lui, le résultat final devra d’abord refléter cette capacité.

Márquez a comblé l’écart, Aprilia garde deux prétendants
Au Mugello, Marc Márquez accusait 102 points de retard au championnat. Il estimait alors ne plus avoir de chance de remporter le titre. Depuis, il a signé quatre doublés lors des six derniers Grands Prix. Son retard est revenu à deux points.
Dall’Igna admet qu’un tel retour semblait difficile à imaginer. Garder cette conviction dans l’équipe faisait pourtant partie du travail. Il attribue à Márquez un rôle moteur : « Il nous pousse énormément, et il croit qu’il peut aller chercher la couronne. »
Aprilia peut compter sur Jorge Martín et Marco Bezzecchi, deux anciens pilotes Ducati. Dall’Igna connaît donc leurs qualités. Il souligne notamment que Martín commet généralement peu de grosses erreurs en fin de saison. Un atout dans une lutte aussi serrée.
Avec deux prétendants, on touche aussi à la gestion du duel interne chez Aprilia. Rivola ne se dit pas inquiet de leur comportement mutuel. Tant que chacun conserve une chance mathématique, chacun peut défendre ses intérêts. Si l’un sort de la course au titre, il pourra aider son coéquipier, dans la mesure du possible.
Les deux pilotes continueront toutefois à se prendre des points. Rivola y voit une bonne chose pour le championnat. C’est aussi la preuve que plusieurs pilotes peuvent être rapides sur l’Aprilia. Dall’Igna partage ce constat : « Moi aussi, j’aimerais avoir plus d’un pilote devant. »
Reste l’expérience. Pour Rivola, celle de ses deux pilotes réunis dans la lutte pour un championnat reste inférieure à celle de Márquez seul. L’association entre l’Espagnol et Ducati est donc, à ses yeux, particulièrement difficile à battre. Il salue aussi le travail accompli à Noale pour atteindre ce niveau.
En 2027, chaque course aura sa grille
Les deux dirigeants ont aussi commenté le format annoncé pour 2027. Les qualifications du vendredi détermineront la grille du Sprint du samedi. Une autre séance, organisée le samedi, fixera celle du Grand Prix du dimanche. Le warm-up du dimanche matin sera supprimé.
On aura donc deux grilles distinctes, plutôt qu’une seule issue de la même séance. Dall’Igna y voit un compromis entre les 11 équipes et les cinq constructeurs. Il juge cette organisation favorable au spectacle.
Rivola relie ce changement à un objectif plus large : développer l’audience du MotoGP, notamment auprès des jeunes. Pour lui, se contenter du public déjà acquis ne permettrait pas à la discipline de progresser. Ce nouveau programme est une première étape dans cette direction.
Moins de vitesse, pas forcément des chronos plus lents
L’évolution technique laisse une interrogation : des motos moins puissantes pourraient rester presque aussi rapides au tour. Dall’Igna distingue le chrono global de la vitesse à laquelle les pilotes arrivent dans les virages. La réduction de la puissance et de la cylindrée doit faire baisser cette vitesse. Le bénéfice recherché concerne la sécurité.
Rivola donne un repère concret. Au Mugello, Martín et Bezzecchi ont atteint 368,6 km/h. Retirer environ 50 ch doit, selon lui, permettre de réduire cette vitesse.
Les premiers éléments qu’il évoque montrent pourtant des chronos encore rapides. Les retours des pilotes décrivent aussi une moto plus facile à piloter. Rivola y voit la possibilité d’un meilleur contrôle et d’une marge de sécurité accrue. Les performances sur une distance de course ne sont toutefois pas encore établies.
L’écart avec les motos de 1 000 cm³ pourrait aussi varier selon les circuits. À ses yeux, les pneus restent le principal facteur de différenciation. C’est une inconnue importante pour la suite.
Cette interrogation sur l’avenir est distincte de la lutte actuelle. Pour le championnat en cours, Dall’Igna et Rivola estiment que les pneus placent les concurrents sur un pied d’égalité. À six manches du terme, on revient donc aux performances des pilotes. Et à la capacité de chaque équipe à éviter les erreurs.




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