La baisse du gazole attendue de 12 à 18 centimes par litre pourrait tarder dans les petites stations rurales, où 339 établissements isolés doivent bénéficier d’un traitement particulier.

Le gouvernement a annoncé le déblocage de 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques de l’État. Ces volumes seront progressivement mis sur le marché pendant trois mois. En augmentant les quantités disponibles, le gouvernement entend détendre les prix dans un contexte de forte hausse des carburants.
Cette opération ne garantit toutefois pas une diminution immédiate ni identique dans toutes les stations-service. Les tarifs à la pompe dépendent des conditions d’achat, du transport et des stocks déjà constitués par les distributeurs. La baisse attendue peut donc se répercuter à des rythmes différents selon les territoires et les enseignes.
Pourquoi la baisse du gazole peut tarder en zone rurale
Les petites stations rurales n’ont pas les mêmes marges de manœuvre que les grandes enseignes, qui écoulent davantage de carburant. Leurs livraisons peuvent être moins fréquentes et leurs coûts logistiques plus élevés. Avec des possibilités de négociation plus réduites auprès de leurs fournisseurs, il leur est aussi plus difficile de répercuter à la pompe une baisse des prix d’approvisionnement.

Pour répondre à ces contraintes, Sébastien Lecornu a annoncé samedi 10 octobre 2026 un traitement particulier pour 339 stations-service identifiées comme isolées. Le Premier ministre s’est exprimé dans une intervention diffusée lors du congrès de l’Association des maires ruraux de France, à Auch, dans le Gers. Les préfectures doivent contacter les établissements concernés pour examiner leur situation.
Un enjeu concret pour les automobilistes ruraux
Le gouvernement n’a pas précisé la nature exacte de cette intervention. Sébastien Lecornu doit recevoir les distributeurs de carburants à Matignon lundi 12 octobre, notamment pour discuter des conditions de répercussion de la baisse attendue à la pompe. Les moyens qui seront accordés aux stations isolées restent donc à préciser.

Dans ces territoires, les transports collectifs sont souvent limités. Pour travailler, faire ses courses ou accéder aux services publics, la voiture reste indispensable. Les automobilistes n’ont pas toujours plusieurs stations à proximité pour comparer les prix et profiter du tarif le plus bas.
Une diminution de 18 centimes par litre représente 9 € sur un plein de 50 litres, à condition qu’elle soit intégralement répercutée. Libérer les stocks stratégiques peut agir sur les prix du gazole, mais ne suffit pas à résoudre les difficultés d’approvisionnement des petites stations rurales.





Commentaires 0
Modérés avant publication