L’automobile britannique pourrait accéder au dispositif Made in Europe, à condition que Londres aligne ses mesures commerciales envers la Chine sur celles de l’Union européenne, selon le Financial Times.
Paris et Berlin proposent d’inclure les constructeurs britanniques dans les règles européennes encadrant l’accès aux subventions et aux marchés publics. Le compromis figure dans un projet d’accord consulté par le quotidien britannique. Il rapprocherait deux positions jusqu’ici divergentes. L’Allemagne défendait une ouverture au Royaume-Uni et à d’autres partenaires commerciaux. La France privilégiait, elle, un périmètre limité à l’UE.
Londres devrait revoir ses droits de douane
Le texte étendrait l’éligibilité aux partenaires européens qui appartenaient au marché intérieur de l’Union au 1er janvier 2020. Cette définition permettrait d’intégrer le Royaume-Uni. Elle laisserait en revanche à l’écart le Japon, la Corée du Sud et la Turquie, qui cherchent aussi un accès pour leurs constructeurs.
On touche ici à la contrepartie commerciale : Londres devrait adopter les mesures de protection européennes. Cela concerne notamment les droits de douane visant les voitures électriques chinoises. Le Royaume-Uni applique actuellement une taxe à l’importation de 10 % sur ces véhicules. Dans l’UE, le taux maximal atteint 45 % depuis 2024.
Le ministre britannique des Entreprises, Jonathan Reynolds, a indiqué qu’une hausse de ces droits était « à l’étude ». Mais le gouvernement redoute des représailles contre les constructeurs britanniques présents en Chine, dont Jaguar Land Rover. Il souhaite aussi attirer des industriels chinois pour qu’ils implantent des usines sur son territoire.
Des chaînes de production à préserver
L’enjeu ne se limite donc pas aux aides publiques. Les industries automobiles britannique et européenne défendent leur intégration dans un même dispositif pour préserver des chaînes d’approvisionnement étroitement liées. À leurs yeux, exclure les constructeurs britanniques perturberait cette organisation.
Les constructeurs britanniques subissent déjà une concurrence chinoise accrue et des droits de douane américains plus élevés. Ces pressions ont contribué à d’importantes réductions de production. Un responsable du gouvernement britannique a accueilli favorablement l’objectif d’inclure le pays dans le Made in Europe. Il a toutefois rappelé que la proposition franco-allemande devait encore suivre le processus européen.
Le projet comprend aussi un assouplissement de plusieurs exigences climatiques. Il fixerait pour 2035 une réduction des émissions de 90 % par rapport à 2021. Les émissions restantes n’auraient pas à être compensées. Les règles concernant les hybrides rechargeables, les carburants renouvelables et l’électrification des flottes d’entreprise seraient également assouplies.
On reste toutefois au stade des négociations : selon le Financial Times, un accord serait proche. Les discussions se poursuivent notamment sur les objectifs de CO2 pour 2030. Le paquet final nécessiterait l’approbation des autres gouvernements de l’UE et du Parlement européen.







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