La France et l’Allemagne défendent une approche commune pour assouplir les normes CO₂ européennes proposées, tout en maintenant leurs ambitions climatiques et la production automobile en Europe.
Les deux gouvernements veulent conjuguer une réduction importante des émissions et davantage de souplesse réglementaire. Leur position commune tient compte des différences entre les marchés et des contraintes technologiques, sans renoncer au développement de la prochaine génération de véhicules électriques.
L’enjeu est aussi industriel : Paris et Berlin souhaitent soutenir les investissements, la recherche et développement ainsi que la fabrication européenne, en s’appuyant sur des chaînes d’approvisionnement plus résistantes.
Des normes CO₂ plus souples, avec une préférence européenne
La préférence européenne guide le dispositif défendu par les deux pays. L’objectif est de lier la transition vers une mobilité propre à l’investissement, à l’innovation et à la production en France, en Allemagne et dans le reste de l’Europe.
« Notre cap reste inchangé : parvenir à des réductions substantielles des émissions de CO₂ tout en renforçant la capacité de l’Europe à développer et à fabriquer la prochaine génération de véhicules électriques », déclarent les gouvernements français et allemand dans leur communiqué commun.
À leurs yeux, cette orientation doit préserver la souveraineté technologique de l’industrie, sa base de production et sa compétitivité internationale. La souplesse réglementaire doit ainsi accompagner la transformation du secteur.
Plusieurs motorisations pourraient conserver une place après 2035
Selon la Commission européenne, les constructeurs devront atteindre, à partir de 2035, une réduction de 90 % des émissions à l’échappement. Les 10 % restants pourraient être compensés grâce à de l’acier bas carbone produit dans l’Union européenne, ou à des carburants de synthèse et des biocarburants.
Cette approche laisserait une place aux hybrides rechargeables, aux véhicules à prolongateur d’autonomie, aux hybrides légers et aux modèles thermiques, aux côtés de l’électrique et de l’hydrogène.
Avant cette échéance, des « supercrédits » pourraient aussi être accordés aux constructeurs pour de petites voitures électriques abordables fabriquées dans l’Union européenne. Pour la Commission, ce mécanisme doit inciter à élargir l’offre de ces modèles.





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