Honda remet les mains dans le cambouis de son organisation. Pour accélérer ses projets de prochaine génération, le constructeur choisit de rapatrier le développement automobile chez Honda R&D. Un virage assumé, à contre-courant de la réorganisation de 2020. Objectif : redonner du souffle à l’ingénierie, avec plus de vitesse d’exécution et davantage de marge de manœuvre technique, alors que le marché change trop vite.
Un retour sur la réforme de 2020
En 2020, Honda avait fait l’inverse : les fonctions de développement avaient été absorbées par la maison mère. À ce moment-là, l’idée était de rationaliser les opérations dans une industrie sous tension. La nouvelle décision annule cette logique : l’unité de développement automobile revient dans la filiale de recherche.
Dans ce cadre révisé, Honda R&D doit fonctionner avec davantage d’autonomie. L’intention est aussi de mieux relier la recherche avancée et le développement en aval, pour élargir le champ des essais. En clair, Honda cherche à lever des blocages internes quand il faut tester des pistes, puis les transformer en solutions industrialisables.
Une culture de l’expérimentation remise au centre
Ce choix fait écho à l’ADN du groupe. La branche recherche a été créée en 1960, sous forme de spin-off, autour d’une idée attribuée au fondateur Soichiro Honda : protéger l’expérimentation des contraintes commerciales. Historiquement, Honda R&D menait des travaux de recherche commandés, pendant que Honda Motor se concentrait sur la production et la vente.
Cette séparation a permis de porter des projets au long cours, notamment autour de moteurs capables de répondre à des normes d’émissions très strictes. En redonnant la main à Honda R&D sur l’ingénierie véhicule, le constructeur remet donc en avant une méthode qui a déjà fait ses preuves : laisser les ingénieurs explorer, puis connecter ces résultats au développement produit.
Pression concurrentielle et production en dents de scie
Le timing ne doit rien au hasard. Le secteur traverse des mutations rapides, et Honda voit la concurrence monter d’un cran, notamment face à des constructeurs chinois comme BYD, souvent mis en avant pour une politique de prix agressive.
En parallèle, Honda et Nissan Motor avaient ouvert des discussions de fusion fin 2024, notamment pour alléger la facture de développement des futurs véhicules. Les échanges se sont arrêtés, faute d’accord sur certains termes. Les deux groupes regardent désormais du côté d’une collaboration sur le développement logiciel et sur la fabrication en Amérique du Nord.
Sur le plan industriel, Honda a indiqué que sa production mondiale avait progressé de 4,3% sur un an à 283 161 véhicules en décembre 2025. Un rebond qui tranche avec le mois précédent : la production avait alors chuté de 34%, une baisse attribuée à des pénuries de semi-conducteurs et à des stocks affaiblis. Dans le détail, le Japon a dépassé 61 417 unités (+9%), tandis que l’outre-mer a atteint 221 744 unités (+3%). L’Amérique du Nord a rebondi de 29% à 117 601 véhicules, mais l’Asie a reculé de 16% à 97 923 unités, dont une baisse de 11% en Chine à 68 201.
En remettant Honda R&D au centre du jeu, le constructeur veut mieux armer ses équipes pour la prochaine vague de modèles, tout en limitant les frictions entre recherche et développement.
Synthèse : Honda confie à nouveau l’ingénierie véhicule à Honda R&D pour accélérer et élargir l’expérimentation technique, dans un contexte de concurrence accrue et de production encore instable fin 2025.
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