Le pick-up Honda attendu en Asie du Sud-Est à partir de 2028 reposera sur le Mitsubishi Triton fabriqué en Thaïlande, pour élargir l’offre du constructeur face à la progression des marques chinoises.
Honda a conclu un accord pour commercialiser sous sa propre marque des versions du Mitsubishi Triton. L’opération répond à deux enjeux : étoffer la gamme de Honda dans la région et soutenir la production de Mitsubishi sur un segment soumis à une forte pression.
Un pick-up Honda pour étoffer la gamme régionale
Les ventes de Honda ont fortement reculé en Asie du Sud-Est ces dernières années, tandis que la concurrence des constructeurs chinois s’intensifie. Avec ce pick-up, dont la commercialisation est prévue à partir de 2028, le constructeur japonais entend élargir son offre régionale.
Honda a choisi un modèle déjà produit par Mitsubishi plutôt que de développer un pick-up indépendamment. Les véhicules porteront la marque Honda, mais reposeront sur la base du Triton : leur identité commerciale changera, pas leur origine industrielle.
Honda enrichit ainsi son catalogue en s’appuyant sur un véhicule déjà fabriqué en Thaïlande. Mitsubishi, de son côté, en attend davantage de volumes et des économies d’échelle, alors que le marché local du pick-up s’est considérablement contracté.
La Thaïlande entre chute des ventes et production mondiale
Les ventes totales de pick-up en Thaïlande sont passées de plus de 388 000 unités en 2022 à seulement 144 000 unités en 2025. Ce recul donne une autre dimension au partenariat : au-delà du changement de badge, l’accord doit aussi soutenir une activité industrielle fragilisée par la chute du segment.
Le principal site mondial de production du Triton se trouve à Laem Chabang, à l’est de Bangkok. En 2025, l’usine a fabriqué environ 113 000 Triton, exportés vers des marchés du monde entier, ainsi que quelque 25 000 SUV Pajero reposant sur le même châssis de type échelle.
L’activité exportatrice du site dépasse donc le seul marché thaïlandais. Les futurs modèles Honda destinés à l’Asie du Sud-Est doivent lui apporter des débouchés supplémentaires pour soutenir la production face au recul des ventes locales de pick-up.
Produire davantage de véhicules à partir d’une même base doit permettre à Mitsubishi de renforcer ses économies d’échelle. Le besoin commercial de Honda rejoint ainsi l’objectif de volume du fabricant du Triton.
Le Triton sert déjà de base au Nissan Navara
Honda ne sera pas la seule marque à exploiter cette base Mitsubishi. Le Nissan Navara Diesel (D27), lancé en 2026 en Australie et en Nouvelle-Zélande, dérive lui aussi du Triton et est également fabriqué dans l’usine de Laem Chabang.
Ce partage de base, déjà concrétisé chez Nissan, s’étendra donc au futur pick-up Honda. L’accord renforce la collaboration de Honda avec les partenaires de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et offre au Triton un débouché sous une marque supplémentaire.
Derrière le futur badge Honda, l’enjeu reste industriel : élargir une gamme sans créer de base distincte et mieux exploiter les capacités de production de Mitsubishi.







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