Stellantis envisage de se retirer de son partenariat américain dans les batteries avec le sud-coréen Samsung SDI. Le groupe cherche à réduire ses dépenses liées aux véhicules électriques tout en préservant sa trésorerie.
Des échanges sur une vente de participation, sans décision à ce stade
Des discussions ont eu lieu autour d’une possible cession de la participation de Stellantis dans la coentreprise, mais aucune décision n’a été arrêtée. Une sortie pourrait prendre du temps et s’avérer coûteuse, notamment s’il faut trouver un acheteur tiers.
Préserver le cash après des dépréciations de plus de 22 milliards d’euros
Le constructeur veut conserver ses liquidités après avoir annoncé, la semaine précédente, plus de 22 milliards d’euros de dépréciations. Le directeur général Antonio Filosa cherche à limiter les pertes associées aux initiatives véhicules électriques et batteries, anticipées comme non rentables.
Un contexte politique américain moins favorable aux voitures rechargeables
Cette réorientation est liée à des changements de politique publique aux États-Unis sous la présidence de Donald Trump, décrits comme affaiblissant les incitations en faveur des voitures rechargeables. Dans ce contexte, le recul de certains programmes véhicules électriques pourrait réduire le nombre d’usines de batteries nécessaires en Amérique du Nord et en Europe.
Indiana : une coentreprise lancée en 2021, production démarrée en 2024
Stellantis et Samsung ont créé leur coentreprise dans l’Indiana en 2021, avec un engagement d’investissement de 2,5 milliards d’euros et la promesse de 1 400 emplois à Kokomo, où Stellantis opère déjà des activités moteurs et transmissions. L’usine, présentée comme la seule installation de batteries de Samsung aux États-Unis, a commencé à produire en 2024. Depuis, elle a fabriqué des cellules destinées à des applications de stockage d’énergie.
Canada et Europe : d’autres partenariats et projets revus
Ces discussions interviennent peu après l’accord de Stellantis pour quitter un autre partenariat avec LG Energy Solution à Windsor, au Canada. LG y a acquis la part de Stellantis pour 100 €, tandis que Stellantis continuera de s’approvisionner en batteries pour véhicules électriques sur ce site.
En Europe, Automotive Cells Company, soutenue par Stellantis, a confirmé l’abandon de projets d’usines en Allemagne et en Italie. L’entreprise discute également avec les syndicats de son site français d’éventuelles mesures de chômage temporaire, en évoquant des difficultés à accélérer la production de batteries.
Le secteur réévalue les engagements et explore des usages hors automobile
Stellantis, General Motors, Ford et leurs partenaires réexaminent des engagements de plusieurs milliards d’euros pris durant l’administration Biden, après une demande de véhicules électriques inférieure aux attentes et un changement de cap des politiques de soutien. Plusieurs groupes évaluent si une partie des volumes pourrait être réorientée vers des batteries destinées aux réseaux électriques et aux centres de données, où la demande progresse.
Samsung aurait, de son côté, récemment signé de nouveaux clients pour des batteries de stockage stationnaire.





