L’usine Mercedes Afrique du Sud joue une partie sensible. À East London, Mercedes-Benz discute avec GWM d’une possible cofabrication, sur fond de barrières douanières américaines qui brouillent la viabilité du site à long terme. Pour le constructeur allemand, l’enjeu est clair : préserver la compétitivité d’une usine historique largement tournée vers l’export.
Mercedes explore une cofabrication avec GWM
Mercedes-Benz envisage d’ouvrir son usine sud-africaine d’East London à Great Wall Motor. Les échanges entre les deux groupes se poursuivent, sans accord finalisé à ce stade. D’autres pistes de coopération restent également sur la table.
Dans une déclaration envoyée par e-mail, un porte-parole du groupe affirme que « Mercedes-Benz s’efforce de garantir que tous ses sites de production restent compétitifs à l’échelle mondiale, fonctionnent à un niveau optimal et soient adaptés à de nouvelles exigences chaque fois que nécessaire. » Le constructeur ajoute qu’il ne commente pas les spéculations sur son futur portefeuille de produits ni sur sa planification industrielle.
De son côté, GWM South Africa dit poursuivre l’évaluation des opportunités pour élargir sa présence dans le pays, sans davantage de précisions. Selon Bloomberg, des représentants de GWM ont présenté une proposition à de hauts responsables du Department of Trade, Industry and Competition d’Afrique du Sud afin d’exposer l’intérêt du groupe chinois pour une production sur ce site.
L’arrivée d’un autre constructeur permettrait de mieux utiliser les capacités inutilisées de l’usine, de réduire les coûts d’exploitation et de soutenir l’emploi. Cette réflexion intervient dans un contexte plus large, alors que les grands groupes automobiles font face à une concurrence croissante des importations à bas coût venues de Chine et d’Inde.
Les droits de douane américains rebattent les cartes
L’usine Mercedes Afrique du Sud produit la berline Classe C pour l’export vers les États-Unis depuis 1997. Le site profitait jusque-là de l’African Growth and Opportunity Act, qui permettait aux véhicules exportés depuis l’Afrique du Sud d’entrer sur le marché américain sans droits de douane.
Le cadre a basculé en août 2025, lorsque le président Donald Trump a imposé une taxe de 30 % sur les produits sud-africains entrant aux États-Unis. La Cour suprême américaine a suspendu cette mesure en février 2026. Mais l’administration prépare désormais un prélèvement mondial de 15 % sur les importations aux États-Unis à partir de mars 2026.
Pour East London, l’impact est direct. Ces évolutions pèsent sur les perspectives du site, alors même que Mercedes y avait investi environ 600 millions d’euros en 2022 pour moderniser l’outil industriel.
Une reconversion autour des batteries reste possible
En parallèle, Mercedes étudie une autre option pour East London. Le groupe évalue la possibilité de transformer l’usine en centre mondial de traitement des batteries en fin de vie issues de voitures particulières.
Cette double réflexion montre que l’avenir du site reste ouvert. Cofabrication avec GWM ou reconversion industrielle : Mercedes cherche une solution capable de maintenir East London dans son dispositif mondial.
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