Chez ZF, l’urgence reste la même : alléger une dette encore lourde dans un marché automobile qui ne redémarre pas franchement. L’équipementier allemand a ramené sa dette nette à 10,2 milliards d’euros en 2025 et ne ferme pas la porte à de nouvelles cessions d’activités. L’objectif est clair : assainir le bilan plus vite et préserver la rentabilité.
Michael Frick, directeur financier du groupe, y voit un signal de stabilité pour les salariés, les clients et les marchés financiers. Il a précisé que la baisse de l’endettement se poursuivrait via des réductions organiques, complétées par le produit de cessions ciblées. En 2025, les passifs financiers ont reculé d’environ 250 millions d’euros.
Des ventes d’actifs déjà engagées
ZF est déjà passé à l’action. En décembre, le groupe a bouclé la vente de son activité d’aide à la conduite ADAS à Harman, filiale de Samsung Electronics, pour 1,5 milliard d’euros. L’équipementier a également isolé sa division éolienne dans une entité autonome, afin de se donner davantage d’options stratégiques pour cette activité.
Cette feuille de route répond à une pression bien concrète : le coût de la dette et du refinancement. Pour desserrer l’étau, ZF mène en parallèle un plan de restructuration qui pourrait aller jusqu’à 14 000 suppressions de postes en Allemagne d’ici fin 2028.
Activité en baisse, rentabilité en hausse
Sur l’exercice 2025, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 38,8 milliards d’euros, contre 41,4 milliards en 2024, soit un recul de 6 %. Mais le tableau change une fois neutralisés les effets de périmètre et de change : à données comparables, les ventes ont progressé d’environ 0,6 %.
Le point le plus solide reste la rentabilité. Le bénéfice d’exploitation ajusté a grimpé à 1,7 milliard d’euros, contre 1,5 milliard un an plus tôt. Même tendance pour la marge opérationnelle ajustée, passée de 3,5 % à 4,5 %. Pour Frick, le contexte, lui, n’évolue pas : la demande ne montre toujours pas de reprise généralisée et le groupe doit améliorer sa performance dans un environnement sans croissance significative.
ZF s’attend d’ailleurs à un exercice 2026 encore atone, avec un chiffre d’affaires annoncé globalement stable, à un peu plus de 38 milliards d’euros.
Virage plus prudent sur l’électrique
Le groupe a aussi revu certaines hypothèses industrielles. ZF a arrêté plus tôt plusieurs projets liés à l’électromobilité et comptabilisé 1,6 milliard d’euros de charges exceptionnelles en 2025. En toile de fond, une transition vers la voiture électrique jugée plus lente qu’attendu.
Conséquence directe, l’équipementier mise désormais sur une demande plus solide pour les motorisations thermiques et hybrides. Lors de la présentation des résultats, le directeur général Mathias Miedreich a également visé le cadre réglementaire européen. Il a réclamé une nouvelle agenda de réformes à Berlin et davantage d’honnêteté à Bruxelles sur la législation CO₂ appliquée aux flottes.
Selon lui, les hybrides rechargeables doivent être mieux pris en compte. Il les présente comme une technologie de transition clé, capable de réduire l’anxiété liée à l’autonomie, d’accompagner la montée en puissance de l’électrique et de préserver l’emploi.
Au fond, ZF réduit sa dette tout en recalant son cap industriel. Le groupe ne mise plus sur un rebond rapide du marché. Il se prépare plutôt à durer dans un cycle lent, entre ventes d’actifs, discipline sur les coûts et retour en grâce des hybrides et des moteurs thermiques.
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