En Europe, Stellantis Europe cherche de l’oxygène pendant que le groupe concentre ses moyens sur les Amériques. Dans ce contexte, des dirigeants de Stellantis ont rencontré Xiaomi et Xpeng pour explorer plusieurs pistes susceptibles d’apporter des investissements aux opérations européennes, y compris dans des actifs comme Maserati ou d’autres entités.
Des discussions qui touchent aux actifs et à la production
Plusieurs scénarios sont sur la table. Des constructeurs chinois pourraient entrer au capital de certains actifs de Stellantis, avec en contrepartie un accès à des capacités de production en Europe. L’idée d’une prise de participation dans une entité européenne de Stellantis a aussi été évoquée. Ces échanges durent depuis plusieurs mois, sans garantie d’aboutir.
Cette réflexion prend forme alors que plusieurs marques du groupe, dont Fiat, Opel et Peugeot, font face à des surcapacités, à une concurrence intense et à des exigences coûteuses liées à l’électrification. Stellantis explique, dans une déclaration, qu’il mène dans le cours normal de ses activités des discussions avec différents acteurs de l’industrie à travers le monde sur divers sujets, avec pour objectif final d’offrir aux clients les meilleurs choix de mobilité. Le groupe ne commente pas les spéculations. XPeng a refusé de commenter, tandis que Xiaomi n’avait pas répondu dans l’immédiat.
Une divergence croissante entre l’Europe et l’Amérique du Nord
Ces discussions mettent en lumière des priorités de plus en plus différentes entre Stellantis Europe et les activités américaines du groupe. En Amérique du Nord, Stellantis engage environ 13 milliards de dollars pour renouveler sa gamme. À l’inverse, toute implication chinoise dans les opérations américaines reste limitée par les restrictions imposées aux technologies chinoises dans les véhicules vendus sur ce marché.
Selon certaines sources citées, ce travail de réorganisation pourrait à terme accentuer la séparation entre les activités européennes et américaines de Stellantis. Elles précisent toutefois qu’une scission complète n’est pas le sujet principal aujourd’hui. Le constructeur rejette d’ailleurs cette hypothèse avec fermeté. Stellantis affirme dans les termes les plus catégoriques qu’il n’y a aucune vérité dans l’idée d’un projet de séparation du groupe, et ajoute que toute affirmation contraire relève de la pure invention.
Pourquoi ces échanges comptent aussi pour Xiaomi et XPeng
Pour Xiaomi et XPeng, un accord de cette nature offrirait un accès plus solide au marché européen. Le contexte chinois pousse dans ce sens. La guerre des prix y accentue la pression sur les constructeurs, ce qui renforce l’intérêt d’une implantation plus directe en Europe. Stellantis y dispose aussi de davantage de latitude, alors que les États-Unis écarteront de fait les technologies chinoises dans les véhicules connectés à partir de 2027, sur fond de résistance politique.
Ces discussions interviennent au moment où Antonio Filosa, nommé l’an dernier à la tête du groupe, tente de stabiliser les opérations après des mesures de réduction des coûts qui ont affecté la qualité et la demande. Elles suivent aussi l’annonce, le mois dernier, de 22,2 milliards d’euros de charges et dépréciations, liées en grande partie à la réduction des ambitions dans l’électrique, avec des projets de batteries annulés ainsi que de futurs modèles abandonnés. Stellantis dément qu’une scission soit à l’ordre du jour, tout en poursuivant des discussions sur des options de partenariat et d’investissement en Europe.
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