Ai Ogura aborde le GP d’Australie avec un nouveau doigt fracturé, mais sa remontée en Indonésie et sa quatrième place au championnat lui donnent des raisons de viser les avant-postes à Phillip Island.
Ai Ogura retrouve de l’élan malgré les blessures
La semaine de pause a été bienvenue pour le pilote japonais de 25 ans. À Mandalika, deux chutes ont compliqué son week-end : une première le vendredi, puis une autre à haute vitesse pendant la première séance de qualifications. Cette dernière lui a laissé des contusions et un doigt fracturé. Une blessure de plus, après le pouce cassé à l’entraînement durant la pause estivale.
Le bilan sportif indonésien contraste pourtant avec ces difficultés. Deuxième du Sprint, le pilote du SuperFile Trackhouse MotoGP Team a repris confiance avant de signer une solide remontée dans le Grand Prix. Retombé au neuvième rang dans le premier tour, il a franchi la ligne en quatrième position.
Ce résultat a complété le premier quadruplé Aprilia en MotoGP et permis à Ogura de dépasser Pedro Acosta au classement général. Avec 259 points, le Japonais ne possède toutefois qu’une unité d’avance sur le pilote KTM. Sa quatrième place reste donc à défendre.
Devant lui, Marco Bezzecchi compte 50 points supplémentaires. À cinq manches de la fin, avec encore 185 points potentiellement à prendre, Ogura peut toujours progresser au championnat. Mais en Australie, sa priorité est plus immédiate : retrouver sa vitesse sans laisser ses blessures dicter son week-end.
Phillip Island lui impose aussi de bien gérer ses pneus. Le tracé antihoraire offre une bonne adhérence, mais son revêtement abrasif sollicite fortement les Michelin. Conserver de la motricité jusqu’à l’arrivée sera déterminant pour exploiter son aisance dans les deuxièmes parties de course.

Faire travailler le pneu, la clé face au vent
Interrogé sur les adaptations nécessaires lorsque le vent souffle fort à Phillip Island, Ogura insiste sur le fonctionnement du pneu. Pour lui, il ne suffit pas d’attendre que les sensations arrivent : il faut solliciter la moto pour atteindre la bonne température.
« Je pense qu’avec ce type de tracé et dans ces conditions, il faut vraiment réussir à faire fonctionner le pneu. Pour cela, il faut faire travailler le pneu, ce qui signifie qu’il faut forcer sur la moto », explique le Japonais.
La suite dépend de cette première étape. « Une fois que le pneu atteint la bonne température et que vous commencez à vous sentir bien avec la moto, tout vient ensuite automatiquement. Je pense que c’est la clé. »
Il s’agit donc de trouver rapidement les bonnes sensations, tout en préservant suffisamment les pneus pour tenir la distance du Grand Prix. À Mandalika, Ogura a montré qu’il pouvait regagner des positions après un début de course difficile. Une meilleure qualification lui éviterait d’avoir à reconstruire sa course de la même manière en Australie.
Une expérience qui change son approche de Phillip Island
Le contexte diffère de celui de 2025. Ogura avait alors manqué les Grands Prix du Japon et d’Indonésie avant de revenir en Australie. Il avait consacré une grande partie du week-end à retrouver son rythme, sur un circuit qu’il découvrait au guidon d’une MotoGP.
Cette fois, malgré ses blessures récentes, il estime disposer de meilleurs repères. « Je m’attends à vivre un week-end bien, bien meilleur que l’année dernière », annonce-t-il. Il compte surtout sur l’expérience acquise en MotoGP sur ce tracé pour progresser.
Phillip Island n’évoque pourtant pas beaucoup de souvenirs heureux pour lui. Lorsqu’il doit en retenir un, il choisit 2024, année de son meilleur résultat sur place, sans s’attarder davantage sur le passé.
Son plaisir dépend avant tout de sa compétitivité dans les courbes rapides. Lorsqu’il se sent performant, presque chaque virage devient agréable. À l’inverse, les difficultés peuvent rapidement modifier sa perception du tracé.
Le dernier virage et le premier retiennent particulièrement son attention pour leur vitesse de passage. « Lorsque vous êtes performant dans ces virages, les sensations sont incroyables », confie-t-il, avant de désigner finalement le virage 1 comme son préféré.

Trackhouse revient sur les lieux de sa première victoire
Pour l’équipe américaine, le retour à Phillip Island est aussi chargé d’émotion. C’est ici que Raul Fernandez lui a offert sa première victoire en MotoGP en 2025. Les attentes sont donc élevées, mais l’état physique des deux pilotes exige une vigilance particulière.
Davide Brivio, le directeur de l’équipe, espère que la blessure de Fernandez en Indonésie ne l’empêchera pas de se battre pour la victoire. Chez Ogura, il retient surtout la capacité à obtenir un bon résultat malgré les chutes et les difficultés.
« Nous allons donc essayer de travailler comme nous l’avons fait la semaine dernière afin de permettre aux deux pilotes de récupérer de la meilleure manière possible, puis nous verrons quel sera leur état », explique Brivio.
Au championnat, Fernandez occupe la septième place avec 236 points, contre 259 points pour Ogura. Le Japonais cherche désormais à prolonger le rythme retrouvé en Indonésie sur un week-end plus régulier. La qualification et la mise en température des pneus seront deux étapes essentielles pour exploiter ensuite ses qualités sur la durée.






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