Álex Rins approuve la suppression du warm-up en MotoGP pour 2027, mais regrette que cette évolution intervienne juste après son départ du championnat, au terme d’une période difficile chez Yamaha.
Le changement arrive trop tard pour lui. À 30 ans, le pilote espagnol quittera le MotoGP à la fin de la saison 2026. Il bouclera quinze années en championnat du monde, dont les dix dernières dans la catégorie reine. Il ne profitera donc pas du nouveau format des Grands Prix annoncé pour 2027. Une décision retient surtout son attention : la disparition d’une séance dont il conteste depuis longtemps l’utilité.
Un warm-up jugé inutile depuis la Moto3
Interrogé par Motorsport.com sur les changements prévus, Rins a d’abord choisi l’humour : « Bon, maintenant que je pars, qu’ils ajoutent plus de qualifications, plus de courses… » Son avis devient nettement plus tranché lorsqu’il aborde le warm-up du dimanche.
« La seule chose qui m’énerve vraiment, c’est qu’ils ont tout à fait raison de supprimer le warm-up du dimanche », explique-t-il. On comprend son agacement : il approuve la décision, mais pas son calendrier. Le championnat abandonnera cette séance précisément au moment où il n’aura plus à la disputer.
Cette position ne date pas de ses difficultés récentes. « Depuis 2013, l’époque à laquelle j’étais en Moto3, j’ai toujours pensé que le warm-up ne servait à rien », poursuit l’Espagnol auprès de Motorsport.com.
Il avance une raison très concrète : « Ça fatigue davantage le pilote, ça te raidit les bras, ça ne sert absolument à rien, et le fait qu’ils le suppriment l’année prochaine, alors que je ne serai plus là, ça m’énerve vraiment, sincèrement. »
Pour Rins, la question est donc physique autant que sportive. Plutôt qu’une préparation utile avant la course, il voit dans cette séance un effort supplémentaire. Sa suppression répond à une conviction ancienne, mais il ne pourra pas en bénéficier.
Les qualifications lui donnent envie d’une Q3
Le pilote espagnol accueille plus volontiers les évolutions des qualifications. Le format annoncé prévoit une Q1 avec tous les pilotes. La Q2 réunira ensuite 12 pilotes. Cette organisation l’intéresse, même s’il ne sera plus sur la grille pour l’expérimenter.
« En ce qui concerne les changements, il y a toujours du bon et du mauvais, mais je trouve très intéressant de voir une Q1 avec tous les pilotes et une Q2 avec 12 pilotes », déclare-t-il à Motorsport.com.
Rins pousserait même la logique un cran plus loin : « J’aurais ajouté une Q3, et je le dis sérieusement, sans plaisanter. » Il imagine ainsi une troisième phase de qualifications, sur le modèle de la F1. On parle bien d’un souhait personnel, distinct des changements annoncés pour 2027.
Son départ ne l’empêche donc pas de s’intéresser à l’organisation des Grands Prix. Sur les deux volets qu’il commente, son jugement est favorable : il approuve la suppression du warm-up et trouve les nouvelles qualifications intéressantes.
Deux années chez Yamaha ont pesé lourd
Ces réactions contrastent avec la lassitude qu’il exprime au sujet de sa propre carrière. En Indonésie, Rins avait expliqué combien il lui était difficile de prendre du recul depuis l’annonce de son départ.
« Quand j’ai annoncé mon départ, j’ai essayé de me convaincre que je devais changer et ne plus penser aux résultats, mais je n’y arrive pas », avait-il confié. L’échéance approche, sans effacer son attachement à ce qui se joue en piste.
Les deux dernières années chez Yamaha ont toutefois pesé lourd. « Ces deux dernières années avec Yamaha ont été si difficiles que maintenant, quand ce sera fini, j’aurai besoin d’un peu de temps pour me retrouver. J’ai perdu toute motivation pour faire de la moto », admet-il.
C’est ainsi qu’il explique son choix de ne pas poursuivre la compétition en 2027, malgré des offres en WorldSBK. On est loin d’une simple envie de changer de championnat : Rins dit avoir besoin de temps pour lui.
Prendre du recul ne signifie pas pour autant qu’il se sente déjà capable de devenir spectateur. À l’idée de suivre les Grands Prix à la télévision, sa réponse reste sans détour : « Je ne pense pas être prêt à regarder les courses depuis chez moi. »







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