Le départ de Bagnaia chez Aprilia en 2027 représente, selon Carlo Pernat, une chance de relance après ses difficultés chez Ducati.
Après le week-end de Motegi, le constat de l’Italien est sévère. Il décrit Pecco comme « complètement perdu » et rapproche ses difficultés des dernières saisons de Valentino Rossi. La comparaison a toutefois une limite majeure. Bagnaia n’a que 29 ans et prépare un changement d’équipe, pas une fin de carrière.
Rossi en point de comparaison, mais pas une fin de carrière
Carlo Pernat ne ménage pas le pilote Ducati : « Bagnaia est au plus bas. Il est complètement perdu, et c’est vraiment dommage, car voir un champion du monde finir ainsi est terrible. » Le verbe « finir » donne à son propos une gravité particulière. Pourtant, Pecco a déjà un nouveau chapitre prévu chez Aprilia.
Pernat poursuit avec une référence lourde de sens dans le MotoGP italien : « Cela me rappelle presque les derniers moments de la carrière de Valentino. » Il apporte aussitôt une réserve essentielle : « Sauf que Pecco est encore jeune. » On ne parle donc pas de deux carrières arrivées au même stade. Le parallèle porte sur l’impression laissée par les difficultés.
À 29 ans, Bagnaia possède une expérience qui devrait lui permettre d’exploiter pleinement sa vitesse. Ses deux titres mondiaux en MotoGP témoignent de ce qu’il a déjà su accomplir. Ses difficultés actuelles contrastent avec ce parcours. Les dernières saisons de Rossi, elles, s’inscrivaient dans une fin de carrière.
Cette différence change l’enjeu. Pour Bagnaia, il ne s’agit pas d’accompagner un départ progressif du championnat. Il doit retrouver les moyens d’y jouer son rôle de champion. C’est sous cet angle que Pernat interprète son choix pour 2027.
À Motegi, Marquez prend tout et Bagnaia peine
Le Grand Prix du Japon a donné une illustration concrète de cette perte de repères. Lors de l’édition 2025, Bagnaia avait signé la pole position. Il avait ensuite remporté le Sprint et la course. Son dernier passage à Motegi a offert un contraste marqué. Il s’est retrouvé une nouvelle fois en Q1. Puis son pneu arrière a subi une dégradation spectaculaire pendant le Sprint.
Dans l’autre moitié du garage officiel Ducati, Marc Marquez a pris les 37 points disponibles. On mesure l’écart au sein de la même écurie. L’un exploite son week-end au maximum. L’autre peine à retrouver les sensations qui avaient accompagné ses succès.
Pernat résume ce déséquilibre d’une formule : « Ducati, c’est Marquez contre tous les autres. » Il décrit ainsi la place prise par l’Espagnol. Cela ne suffit pas à faire de la Desmosedici une mauvaise moto pour les autres pilotes. Le sujet est plutôt ce que chacun parvient à en tirer.
Pour Bagnaia, la comparaison pèse d’autant plus qu’il a longtemps été la référence Ducati. Il a ramené le titre pilotes à Borgo Panigale et contribué au cycle victorieux du constructeur. Ses difficultés ne concernent donc pas seulement ses résultats. Elles modifient aussi sa place dans une équipe dont il avait été le point d’appui sportif.

Changer de garage pour retrouver ses repères
Le départ prévu en 2027 dépasse alors le simple mouvement du mercato. Pernat y voit d’abord une démarche de reconstruction : « Je pense qu’il l’a fait pour se racheter, certainement pas pour l’argent. Il a besoin de se retrouver. » Cela reste son interprétation des motivations du pilote.
Changer de constructeur doit offrir à Bagnaia une rupture avec son quotidien actuel. Chez Aprilia, il découvrira une autre moto, d’autres ingénieurs et d’autres méthodes de travail. Il ne partagera plus non plus le garage avec Marquez. Les performances de l’Espagnol donnent aujourd’hui une mesure directe de ses propres difficultés.
Pas de miracle : cette séparation ne résoudra pas automatiquement ses problèmes. Elle changera le cadre dans lequel il devra chercher ses sensations. L’objectif décrit par Pernat dépasse le seul besoin de quitter Ducati. Il consiste à retrouver le pilote capable de construire une saison de champion du monde.
La nuance compte : on peut changer de garage sans trouver aussitôt une réponse sportive. Ce nouvel environnement ouvre une possibilité de relance, mais le transfert ne suffit pas. Bagnaia devra en tirer des repères utilisables sur la piste.
Bezzecchi, la référence qui l’attend sur la RS-GP
Chez Aprilia, Pecco trouvera un autre point de comparaison. Marco Bezzecchi connaît déjà parfaitement la RS-GP et participe directement à son développement. Cette connaissance de la moto constituera une référence pour le nouvel arrivant.
Le défi sera différent de celui vécu face à Marquez, sans disparaître. Bagnaia devra trouver sa place sur une machine que son futur coéquipier connaît déjà bien. Quitter Ducati lui permettra de changer de cadre, pas d’éviter toute comparaison interne.
C’est aussi ce qui distingue son parcours de celui évoqué par Pernat à propos de Rossi. On parle ici d’un pilote qui peut encore ouvrir un nouveau chapitre. S’il retrouve ses sensations et sa confiance technique, sa dernière saison Ducati pourra devenir une rupture difficile. Pas forcément le signe d’un déclin durable.
Le transfert de 2027 ne refermera donc pas à lui seul cette période. Il déplacera le défi : retrouver les repères qui ont fait de Bagnaia un double champion du monde. Puis les faire fonctionner sur la RS-GP.






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