David Da Costa en Moto3 chez Snipers en 2027 ouvre un débouché à la filière française, tandis que Sébastien Poirier, président de la FFM, espère y voir aussi Guillem Planques et Enzo Bellon.
Des compétitions françaises jusqu’aux Grands Prix
L’arrivée de David Da Costa a été officialisée lors du GP de Saint-Marin. Pour la Fédération française de motocyclisme, cette signature dépasse le parcours d’un seul pilote. Elle concrétise le projet de formation porté depuis 2022. La France compte Fabio Quartararo et Johann Zarco en MotoGP, mais aucun représentant en Moto3 ni en Moto2.
Da Costa rejoindra le team Snipers en 2027. Son parcours s’est largement construit dans les compétitions françaises. Il a débuté en Mini OGP sur des pistes de karting. Il est ensuite passé par le Promosport et le Supersport 300. En 2023, il a été sacré champion de France Objectif Grand Prix by Motul.
Son potentiel s’est révélé au sein du team BRS de Jean-Dominique Brechon. Puis, à partir de 2025, dans le JEG Racing Take Off GP dirigé par Juan-Éric Gomez. Sébastien Poirier associe aussi Claude Michy et Frédéric Protat à cette accession au mondial.
« On peut parfaitement aujourd’hui atteindre les Grands Prix et débuter en France, sur nos formules françaises qui sont de qualité », insiste le président de la FFM. Le message vise les jeunes pilotes et leur entourage. Un départ dans les championnats nationaux peut mener au plus haut niveau.
La Fédération souligne aussi son accompagnement individualisé, des collectifs à l’Équipe de France. Il comprend des stages de regroupement et un suivi sur les épreuves internationales. Pour Poirier, cette arrivée récompense un travail commun entre teams, éducateurs, partenaires et organisateur du GP de France.

Élargir la base, pas seulement soutenir les meilleurs
Le programme Génération Vitesse ne soutient pas uniquement quelques pilotes déjà proches du mondial. Son objectif est de faire émerger régulièrement de nouveaux talents. On parle donc d’une filière à construire, pas d’une seule place à décrocher. La FFM suit une logique de pyramide, comparable à celle développée en motocross.
La priorité est d’élargir l’accès à la pratique. Les championnats régionaux et le championnat de France Mini OGP doivent alimenter cette progression. Les catégories Moto4 OGP by Motul y participent aussi. Ces formules permettent aux jeunes de se révéler dans un cadre français, avant les compétitions internationales.
Cette construction prend du temps. Pour Poirier, les projections sur un jeune pilote restent fragiles. Les événements et les incidents peuvent modifier son parcours. Le haut niveau exige du travail quotidien et des sacrifices. Les candidats sont nombreux, les places en Grand Prix beaucoup moins.
Dès le lancement du programme, Claude Michy, Motul, Shark, Furygan et Dafy ont accompagné cette ambition. Leur engagement concernait une filière à bâtir, sans garantie d’atteindre rapidement le mondial. La signature de Da Costa donne aujourd’hui un résultat concret à cet effort. Mais on ne peut pas en déduire que le parcours sera plus simple pour les suivants.
Planques et Bellon visent aussi 2027
L’Équipe de France Espoir réunit cette saison trois pilotes, engagés dans trois structures différentes. Aux côtés de Da Costa, Guillem Planques et Enzo Bellon évoluent eux aussi en Moto3 Junior.
Planques a déjà eu l’occasion de se faire remarquer. Bellon a traversé des épreuves plus difficiles, mais la FFM reste convaincue de son potentiel. Sébastien Poirier espère voir « l’un des deux, voire les deux » intégrer le championnat du monde Moto3 en 2027. Cela reste un objectif. L’arrivée de Da Costa chez Snipers, elle, est déjà officialisée.
Pour y parvenir, le président compte sur les acteurs français présents dans le paysage des Grands Prix. L’enjeu est de prolonger cette première accession, plutôt que de la laisser isolée.
D’autres jeunes Français apparaissent régulièrement sur la première page des classements des grandes compétitions internationales de formation. Cette progression encourage la Fédération à poursuivre son travail. Mais la sélection ne dépend pas uniquement des performances en piste.
On retrouve aussi un obstacle financier dans ce passage à l’international. Le championnat européen Moto4 représente un investissement considérable pour les familles et leurs partenaires. Il en va de même pour le mondial Moto3 Junior. La FFM accompagne autant de pilotes que possible par des conventions financières. Elle assure aussi un suivi régulier de leurs résultats. Le soutien sportif doit donc composer avec le coût de ces championnats.
Le FSBK comme base, Zarco comme appui
La base nationale garde une place centrale dans ce dispositif. Sébastien Poirier estime que le championnat de France FSBK a franchi un cap en 2026 avec la diffusion vidéo. Les catégories jeunes restent des étapes importantes dans la progression des pilotes. C’est notamment le cas de l’OGP Moto4 by Motul.
Ces catégories sont alimentées par les championnats régionaux et le championnat de France Mini OGP by Motul. L’émulation entre jeunes pilotes fait partie du projet. La Fédération veut consolider cet ensemble avec ses partenaires et les acteurs de la filière, dont Claude Michy.
Poirier voit aussi un appui dans la présence d’Éric de Seynes comme propriétaire d’un team en Moto2. Il juge cette présence positive pour les espoirs français. Pour autant, on ne parle d’aucune arrivée annoncée dans cette catégorie.
Johann Zarco est le parrain du programme depuis son lancement. Le pilote de MotoGP inspire les jeunes et aide personnellement certains d’entre eux dans leur progression. Poirier lui attribue un rôle de « grand frère » et salue sa générosité. Son apport ne se limite donc pas à l’exemple donné en piste. Cet accompagnement crée un lien direct avec un pilote qui connaît les exigences des Grands Prix.







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