Les essais de F1 à Sepang ont livré vendredi des chronos jusqu’à 4,5 secondes plus lents que les simulations de qualification de Pirelli, sur un asphalte qui se dégrade.

En F1 à Sepang, le bitume fausse les calculs
Le vendredi 2 octobre, le meilleur temps n’a pratiquement pas progressé d’une séance à l’autre, malgré les tours parcourus. La piste est rugueuse et poussiéreuse, et des pierres se détachent du revêtement. Les pilotes manquent d’adhérence et glissent plus que prévu.
La Formule 1 retrouve Sepang pour la première fois depuis 2017, avec des monoplaces de génération 2026. Les équipes disposent de peu de références récentes sur ce circuit malaisien, qui accueille cette année la manche de Bahreïn, déplacée hors du royaume. L’état du bitume complique encore la lecture des chronos.
Simone Berra, ingénieur en chef de Pirelli, constate que « l’asphalte se dégrade rapidement, même pendant la séance ». La piste a été balayée après les séances pour retirer les débris, et ce nettoyage devrait se poursuivre avant la course. À ce stade, Pirelli ne relève toutefois ni problème majeur de sécurité ni risque particulier de crevaison.
L’écart de 4,5 secondes concerne les meilleurs tours du vendredi comparés aux simulations de qualification. Il ne s’agit pas d’une perte de temps au tour en rythme de course. Berra estime qu’il sera difficile de combler entièrement ce retard dès le samedi. Les chronos du vendredi ne reflètent cependant pas tout le potentiel des voitures : les programmes différaient et plusieurs pilotes n’ont pas effectué de simulation de qualification représentative.
L’usure des pneus complique la stratégie
Faute d’adhérence, les monoplaces glissent, les gommes chauffent et leur dégradation s’accélère. Sur les longs relais, la baisse de performance a atteint deux à trois dixièmes par tour. Les pneus tendres et mediums ont montré des performances et une usure proches. Le pneu dur, conservé par les équipes pour la course, n’a pas été testé vendredi. Son grip plus faible pourrait aussi favoriser le glissement.
Pirelli envisage deux arrêts ou davantage si cette usure se confirme. George Russell a souligné l’effet combiné de la chaleur et du revêtement agressif. Chez Mercedes, la surchauffe a limité le bénéfice attendu des évolutions apportées à la voiture.
La pluie annoncée pour la deuxième séance n’est finalement pas arrivée, ce qui a permis de poursuivre les simulations de course sur le sec. Une averse modifierait l’adhérence et les trajectoires, et réduirait la portée des données recueillies vendredi. Avant les qualifications, les équipes doivent surtout distinguer l’effet du bitume de celui de leurs réglages et de leur niveau de carburant.







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