Le format MotoGP 2027 doit alléger les week-ends selon Carlos Ezpeleta, mais deux Q1 à 22 motos inquiètent pour la sécurité.
Deux grilles établies séparément, des essais libres sans enjeu qualificatif et la disparition du Warm Up. La réforme redistribue les temps forts du week-end. Le directeur général adjoint du MotoGP défend une organisation qui permettrait de mieux gérer les risques. Le point sensible reste le regroupement de tous les pilotes au moment de chercher un chrono.
Les équipes à l’origine du nouveau programme
Pour Carlos Ezpeleta, le nouveau programme n’est pas une décision imposée au paddock par le seul promoteur. « Pour être honnête, c’est une proposition des équipes », explique-t-il. Il précise aussi la méthode : « Nous avons travaillé en étroite collaboration avec les équipes et les pilotes afin de mettre en place le meilleur format possible. »
Cette origine compte dans le débat. On comprend l’argument : les équipes qui devront adapter leur travail ont participé à l’élaboration des nouvelles séances. Ezpeleta s’appuie sur cette concertation pour défendre un format moins exigeant. Pas seulement plus lisible pour le public.
Mat Oxley soulève pourtant une objection. Il rappelle pourquoi les qualifications avaient été fractionnées en 2013. Il s’agissait notamment d’éviter trop de motos en piste cherchant simultanément un temps. La réforme de 2027 remettra les 22 pilotes ensemble en Q1.
Des essais pour préparer, pas pour se qualifier
Ezpeleta défend une séparation plus nette entre préparation et compétition. Le vendredi, les pilotes disposeront de 45 minutes en FP1. Ils auront ensuite 30 minutes en FP2. Aucun chrono réalisé pendant ces séances ne déterminera l’accès à la Q2.
Concrètement, on sépare le travail sur la moto de la chasse au chrono qualificatif. Les équipes pourront consacrer ce roulage aux réglages, à l’électronique et à la préparation du week-end. Sans devoir chercher en parallèle un temps pour accéder à la dernière phase des qualifications.
« Cela permettra aux équipes d’affiner les réglages, de configurer l’électronique et de préparer leur performance pour le week-end sans pression », souligne Ezpeleta. Une qualification Sprint de 15 minutes viendra ensuite fixer la grille de cette course.
Pour les pilotes, le dirigeant y voit une « meilleure maîtrise des risques qu’ils prennent ». Son idée : retirer l’enjeu qualificatif des essais. Cette pression ne pèserait donc plus sur une partie du travail de préparation.

Tout le plateau en Q1, deux fois
Mais attention : la pression ne disparaîtra pas. Elle se concentrera dans les séances qui décideront des grilles. Avec 22 motos réunies en Q1, les critiques redoutent davantage de trafic. Leurs craintes portent aussi sur les pilotes attendant une roue et les différences de vitesse pendant les tentatives rapides.
Ce regroupement ne concernera pas uniquement la qualification du Sprint. Le samedi, tous les pilotes repartiront en Q1 pour déterminer la grille du Grand Prix. Les douze meilleurs accéderont ensuite à la Q2. La qualification du vendredi ne servira donc plus à établir les positions de départ des deux courses.
Les deux lectures portent sur des moments différents du week-end. Ezpeleta insiste sur la liberté rendue aux équipes pendant les essais. Les inquiétudes concernent les séances où tout le plateau cherchera simultanément à se qualifier. On peut donc alléger la préparation tout en rendant les qualifications plus encombrées. Le premier bénéfice ne répond pas, à lui seul, à la seconde objection.
Moins de roulage, sans Warm Up le dimanche
La suppression du Warm Up dominical répond à la même volonté de réduire la charge globale. Là encore, Ezpeleta attribue l’idée au paddock : « C’est une suggestion des équipes. »
Les pilotes conserveront une possibilité de rouler avant le Grand Prix. La pitlane sera ouverte pendant dix minutes. Ils pourront ainsi effectuer plusieurs tours de reconnaissance. Ce ne sera toutefois pas une séance matinale de Warm Up.
« Nous avons réduit la durée totale de roulage en MotoGP, ce qui signifie que le week-end devrait être moins exigeant pour les pilotes et les équipes », explique le dirigeant. Le programme comportera ainsi deux qualifications distinctes, avec moins de temps de piste cumulé. Davantage de rendez-vous compétitifs, mais moins de roulage au total.
Une grille pour le Sprint, une pour le Grand Prix
La réforme vise aussi un week-end plus facile à comprendre. La qualification du vendredi déterminera la grille du Sprint. Celle du samedi fixera la grille du Grand Prix. Chaque séance qualificative aura un rôle clairement identifié.
Pour un nouveau spectateur, on évite ainsi un enchaînement moins évident à comprendre. Aujourd’hui, une séance appelée Practice conditionne l’accès à la Q2. La qualification établit ensuite les deux grilles. Le nouveau découpage sépare les fonctions des séances et les enjeux des deux courses.
Ezpeleta attend également davantage de compétition : « Je pense que cela va ajouter un niveau de compétitivité supplémentaire. » Cet objectif rejoint pourtant le point sensible du projet. Le MotoGP veut alléger la préparation tout en multipliant les moments décisifs. En 2027, la gestion du trafic pendant les deux Q1 sera au cœur de l’évaluation de cette réforme.







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