À Suzuka, Honda F1 a enfin mis des mots précis sur un début de programme compliqué avec Aston Martin. Koji Watanabe ne masque rien : entre nouvelle réglementation moteur, relance tardive du projet et vibrations persistantes au moment d’intégrer l’unité de puissance dans la voiture, le retard s’explique par plusieurs fronts à la fois.
Un programme relancé avec du retard
Watanabe le reconnaît sans détour : Honda manque encore de performance pure. Premier facteur, la nouvelle réglementation moteur, qu’il décrit comme particulièrement complexe à maîtriser. Deuxième élément, l’interruption des activités en F1 à la fin de 2021, avant le retour annoncé en 2023. Pendant cette période, le travail lié à la discipline est resté très limité.
Il a donc fallu rebâtir l’organisation et relancer le développement, ce qui a forcément coûté du temps. Questionné sur les propos d’Adrian Newey, qui disait n’avoir vraiment compris la situation qu’en novembre, Watanabe évoque un malentendu.
Il précise que Honda fait depuis longtemps tourner ses ingénieurs entre le sport automobile, la production de série et des technologies avancées comme le jet, l’eVTOL ou l’hydrogène. Son explication, dit-il, n’avait sans doute pas été assez claire. Il admet malgré tout que la remise en place de l’organisation a pris du temps. À ses yeux, Honda dispose désormais d’une structure suffisante et des talents nécessaires.
Le vrai point noir se situe dans l’intégration
Le dossier le plus sensible reste celui des vibrations, avec des dégâts observés surtout dans la zone batterie. Watanabe indique aussi qu’une amélioration de la gestion de l’énergie a été introduite à Suzuka pour apporter davantage de performance en piste.
C’est au passage du banc d’essai à la voiture réelle que la situation se complique. Sur le dyno, le niveau de vibration reste acceptable. Une fois le groupe propulseur installé dans le châssis, il grimpe nettement. Honda insiste donc sur un point : l’unité de puissance seule ne peut pas résoudre le problème.
Le travail s’effectue main dans la main avec Aston Martin. Watanabe parle d’une collaboration étroite, qui dépasse le seul cadre technique. Des ingénieurs d’Aston Martin Aramco travaillent directement avec les équipes de Sakura, au Japon. L’objectif est clair : avancer pas à pas comme une seule équipe, sur le moteur comme sur le châssis.
Fiabilité d’abord, performance ensuite
Honda et Aston Martin ont bien défini un plan de redressement, sans que Watanabe n’en dévoile le moindre détail. En revanche, la priorité ne change pas : fiabiliser avant de chercher davantage de performance.
Sur une évolution du moteur actuel cette saison ou sur la préparation d’un nouveau dessin pour 2027, son discours reste prudent. Il rappelle qu’avec le règlement actuel, il est difficile d’aller chercher un vrai gain de performance. Honda concentre donc ses efforts immédiats sur la fiabilité, tout en continuant à progresser dans le cadre autorisé.
Le constat est lourd, mais la trajectoire apparaît désormais plus claire. À Suzuka, Honda a surtout montré qu’il avait identifié les causes de son retard. Et que la suite passera par une coopération encore plus serrée avec Aston Martin.
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