Iannone chez Ducati aurait pu menacer Marc Marquez en 2017, selon Cristhian Pupulin, mais Andrea Dovizioso a joué un rôle décisif dans le développement de la moto.
Ducati a gardé Dovizioso pour accompagner Lorenzo
Pour accueillir Jorge Lorenzo en 2017, Ducati devait choisir entre Andrea Dovizioso et Andrea Iannone. Le constructeur a gardé le premier. Le second a rejoint Suzuki. Cette saison-là, Dovizioso est devenu le rival de Marquez pour le titre MotoGP.
Les deux pilotes ont remporté six Grands Prix chacun. À Valence, lors de la dernière manche, le championnat était encore mathématiquement ouvert. Marquez a finalement été sacré avec 37 points d’avance. On avait donc une Ducati capable de jouer le titre. Et Dovizioso l’avait menée jusqu’à cette confrontation finale.
Cristhian Pupulin travaillait alors chez Ducati et exerce aujourd’hui chez Honda. Il imagine pourtant une autre issue. « J’ai toujours dit qu’en 2017, si Iannone n’était pas allé chez Suzuki, il aurait peut-être remporté le championnat du monde. » Son raisonnement repose sur la vitesse qu’il attribue à l’Italien. Pas sur la certitude qu’un autre choix aurait offert le titre à Ducati.
Iannone pour la vitesse, Dovizioso pour la mise au point
Pupulin distingue clairement les qualités des deux anciens coéquipiers. À propos d’Andrea Iannone, il explique : « Il avait plus de talent et il était plus rapide, mais il était moins fiable. » La vitesse pure est donc le point de départ de son hypothèse. Elle ne suffit pas à expliquer tout le scénario.
Sur le développement de la Desmosedici, son jugement change. « Nous ne pouvions évidemment pas développer la moto avec lui. Nous l’avons développée avec Dovizioso exactement comme nous le souhaitions. » Le pilote qu’il juge moins doué naturellement était donc celui qui permettait à Ducati de faire progresser sa machine.
Andrea Dovizioso apparaît dans son récit comme un pilote rationnel, méthodique et travailleur. Pupulin résume son apport sans détour : « Dovi a contribué au développement de la moto. Il l’a mise au point, il l’a construite, pour ainsi dire. » Cette formule souligne son implication. Elle ne fait pas de lui l’unique artisan de la Desmosedici.
On ne parle donc pas seulement de chronos. Iannone aurait pu avoir la vitesse nécessaire pour exploiter une Ducati compétitive. Dovizioso avait contribué à la rendre compétitive. Deux qualités qui interviennent à des étapes différentes, mais comptent toutes deux dans une saison de championnat.

Changer de pilote, c’était aussi changer le développement
Sauf que garder Iannone n’aurait pas simplement changé un nom dans le classement de 2017. Il faudrait aussi supposer que la Desmosedici aurait atteint exactement le même niveau. Avec un autre pilote chargé de poursuivre son développement.
Le témoignage de Pupulin ne permet pas de tenir cette condition pour acquise. Il insiste justement sur le travail accompli avec Dovizioso. Retenir Iannone aurait changé davantage que le pilote au guidon. Cela aurait aussi changé la relation de travail sur laquelle Ducati s’appuyait pour mettre sa moto au point.
La moindre fiabilité évoquée par Pupulin ajoute une réserve. Marquez avait lui-même connu trois abandons en 2017. Dans une telle lutte, on ne peut pas compter uniquement sur la vitesse. Accumuler les points restait essentiel. Le technicien ne fournit toutefois aucun bilan permettant de chiffrer ce qu’Iannone aurait gagné ou perdu dans ce duel.
La distinction compte : Pupulin explique pourquoi Iannone aurait pu être champion. Il ne démontre pas qu’il l’aurait été. Son scénario associe une qualité individuelle à une moto dont la progression devait beaucoup à Dovizioso. Le pilote que Ducati avait choisi de conserver.
Les données de Marquez éclairent autrement le duel
Depuis son arrivée chez Honda, Pupulin a pu consulter les données de Marc Marquez datant de cette période. Elles ont ajouté un élément à son regard sur le championnat 2017. « Maintenant que j’ai vu les données de Marc de l’époque où il était ici, je peux dire que sa moto était vraiment inférieure. »
Ce jugement reste celui de Pupulin. Il donne un autre relief au duel. D’un côté, une Ducati développée avec l’apport méthodique de Dovizioso. De l’autre, une Honda qu’il juge rétrospectivement moins performante. Marquez a pourtant remporté le titre avec elle.
L’hypothèse Iannone exige donc davantage qu’une simple pointe de vitesse. Pour battre Marquez, il aurait fallu réunir le potentiel que Pupulin prêtait à Iannone et l’apport de Dovizioso au développement. Sans oublier la capacité à marquer suffisamment de points sur toute la saison.
Ducati avait choisi Dovizioso pour accompagner Lorenzo. Ce choix l’a menée jusqu’à une finale pour le titre. On peut retenir l’autre voie comme un scénario possible aux yeux de Pupulin. Pas comme une victoire que Ducati aurait laissée échapper avec certitude.








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