Jorge Martin aborde les cinq derniers Grands Prix du MotoGP 2026 avec deux points d’avance sur Marc Marquez et une régularité qui rappelle son titre mondial de 2024.
Le leader du championnat n’a pas besoin de promettre une série de victoires pour mettre son adversaire sous pression. Avec 355 points contre 353 à Marquez après 17 manches, son avance est minime, mais ses résultats récents lui donnent de l’assurance. Deuxième en Autriche puis au Japon, troisième en Indonésie, le pilote Aprilia entame la dernière partie de la saison avec trois podiums consécutifs.
Les cinq rendez-vous restants représentent 185 points à distribuer, Sprints compris. Rien n’est donc joué. Dans une lutte aussi serrée, limiter les pertes lorsque la victoire est inaccessible peut pourtant peser aussi lourd qu’un succès.
Jorge Martin sauve l’essentiel à Mandalika
Le week-end indonésien n’a pas été une démonstration de force du leader. Une irrégularité de pression du pneu avant a compromis son Sprint. Lors du Grand Prix, Marco Bezzecchi et Raul Fernandez ont imposé leur rythme, laissant Martin prendre la troisième place.
Au bilan, l’Espagnol a préservé l’essentiel : Marquez et lui ont inscrit exactement le même nombre de points sur l’ensemble du week-end. Son avance est donc restée intacte. Sur un circuit où Ducati paraissait vulnérable, Martin n’a pas creusé l’écart, mais il n’a rien cédé non plus.
« Je suis ravi d’avoir décroché mon troisième podium consécutif avec Aprilia; c’est fantastique », a déclaré Martin, cité par AS. À cette satisfaction s’ajoute désormais une ambition affirmée : « Je suis confiant et je serai performant dans toutes les courses restantes. »
Il précise aussi ce qui a changé dans son approche : « Il y a eu des courses où je pensais avoir des difficultés, et c’est ce qui s’est passé. Mais maintenant, je ne pense pas que j’aurai de problèmes. » Ces propos tranchent avec les difficultés de son adaptation à la RS-GP.
Aprilia lui permet de viser au-delà d’un seul circuit
Il s’agit de sa meilleure série de podiums depuis son arrivée chez Aprilia. Avec sa victoire en Sprint au Red Bull Ring, ces résultats montrent qu’il peut désormais jouer aux avant-postes sur plusieurs types de tracés.
Martin n’est pas pour autant l’unique référence du constructeur. Marco Bezzecchi reste un adversaire redoutable au sein du clan Aprilia, comme l’a encore montré Mandalika. Le leader du championnat n’a toutefois pas besoin de dominer chaque week-end pour préserver ses chances.
Sa troisième place indonésienne en est une illustration. Malgré un Sprint compromis et deux pilotes plus rapides le dimanche, il est reparti sans perdre de terrain face à son rival direct. Sa confiance repose ainsi sur des résultats obtenus même lorsque tout ne tourne pas en sa faveur.

Le titre de 2024 donne du poids à cette méthode
Martin connaît déjà cette voie vers le titre. En 2024, il avait battu Francesco Bagnaia en ne remportant que trois Grands Prix, alors que l’Italien s’était imposé plus souvent. Le pilote Pramac avait construit son championnat en accumulant les gros points.
Ses 16 podiums en 20 courses, dont dix deuxièmes places, lui avaient permis de terminer avec dix points d’avance. Ce précédent donne du poids à sa série actuelle : la régularité ne relève pas seulement du discours, elle lui a déjà permis de devenir champion du monde.
En 2026, Martin ne compte qu’une victoire dominicale, mais il occupe toujours la première place du classement. La comparaison a ses limites : il affronte cette fois Marc Marquez, roule sur une Aprilia et évolue dans un rapport de force technique différent.
La logique comptable reste néanmoins la même. Une victoire apporte beaucoup, mais les points abandonnés lors d’une mauvaise journée peuvent annuler ce bénéfice. Avec deux unités d’écart, ni Martin ni Marquez ne dispose d’une marge pour absorber sereinement un résultat décevant.
Phillip Island ouvre les cinq dernières manches
Le prochain rendez-vous est fixé du 23 au 25 octobre, en Australie. Les courbes rapides de Phillip Island semblent correspondre aux qualités actuelles de l’Aprilia. Alex Marquez a lui-même identifié plusieurs circuits de fin de saison susceptibles de favoriser les RS-GP.
Chez Ducati, Davide Tardozzi considère également l’étape australienne comme un test important pour les ambitions de Marc Marquez. Le champion du monde en titre devra y affronter un leader qui affirme ne plus redouter les tracés à venir.
Après l’Australie, Sepang, Losail, Portimão et Valence départageront les prétendants au dernier titre de l’ère des 1 000 cc. Marquez continue de compenser certaines limites de Ducati, comme il l’a notamment fait lors du Sprint indonésien. Martin, lui, entend prolonger sa présence aux avant-postes.
Son avance reste trop faible pour se contenter de gérer. Sa série de podiums lui donne toutefois une base solide pour obliger Marquez à faire mieux que lui, plutôt que de lui offrir des points par ses propres erreurs.






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