Ducati accepterait que Marquez en Indonésie perde 10 ou 12 points sur Jorge Martin, sur une piste où il n’a jamais terminé le Grand Prix.
Le contraste avec Motegi est net. Au Japon, Marc Marquez a remporté le Sprint, puis la course du dimanche. Son retard au championnat est passé de douze à deux points. À Mandalika, Ducati se prépare à un week-end moins favorable. La victoire reste l’objectif. Mais pour le titre, repartir avec des points pourrait compter davantage que gagner à tout prix.
Après le carton de Motegi, limiter les dégâts
Les 37 points pris au Japon ont presque effacé l’avance de Jorge Martin. Le pilote Ducati a saisi toutes les occasions offertes par Motegi. Mandalika pose un autre problème. Son team manager accepte déjà l’idée de céder une partie du terrain repris.
« Je pense que perdre 10 ou 12 points à Mandalika ne serait pas un mauvais résultat », estime Davide Tardozzi. Pas question pour autant de renoncer à se battre devant. On comprend la logique : fixer une perte acceptable sur un circuit où Marquez n’a jamais terminé le Grand Prix.
Tardozzi garde une ambition claire : « Nous pouvons considérer que perdre 10 ou 12 points serait normal ici, mais nous y allons pour gagner. » L’objectif du week-end reste donc distinct du résultat acceptable pour le championnat.
Quatre éditions, toujours sans arrivée
Depuis l’entrée de Mandalika au calendrier en 2022, Marquez n’a jamais terminé le Grand Prix MotoGP d’Indonésie. Ce bilan explique la prudence de son équipe. Bien plus qu’une simple préférence pour d’autres tracés.
Sa première visite s’était arrêtée avant même la course. Une violente chute au warm-up avait été suivie d’une récidive de diplopie. Marquez n’avait pas pu prendre le départ. En 2023, il avait abandonné le dimanche. Même issue en 2024.
En 2025, les conséquences avaient été plus lourdes. Marco Bezzecchi l’avait percuté dès le premier tour. Marquez avait chuté et subi une nouvelle blessure sérieuse à l’épaule droite. La période médicale qui avait suivi avait prolongé ses effets jusque sur 2026.
On ne peut pas en déduire le prochain résultat. Ces quatre éditions sans arrivée donnent pourtant du poids à la gestion du risque. Terminer ce Grand Prix romprait déjà avec ses précédentes visites à Mandalika.
L’Aprilia de Martin pourrait avoir l’avantage
Le passé de Marquez sur ce circuit n’est pas le seul motif de vigilance. Ducati doit aussi surveiller une opposition dont la moto semble bien adaptée à Mandalika. Jorge Martin reste leader avec deux points d’avance. Et il roule sur l’Aprilia RS-GP.
Dani Pedrosa estime que les deux premiers secteurs pourraient favoriser la machine de Noale. Massimo Rivola voit lui aussi Mandalika comme une piste intéressante pour Aprilia, sur le papier. Ces avis placent Martin dans une situation potentiellement favorable. Ils ne font pas du résultat une certitude.
Marco Melandri va plus loin. Il considère désormais la RS-GP comme la meilleure moto du plateau. Il estime toutefois que Marquez peut renverser cette hiérarchie grâce à son pilotage.
On ne parle donc pas seulement d’effacer un mauvais bilan. Marquez devra aussi mesurer ce que sa Ducati lui permet face à un rival potentiellement avantagé sur ce tracé.

Sauver des points plutôt que risquer un nouveau zéro
Le retour de Marquez à deux points de Martin change l’approche de ce rendez-vous. Après Motegi, il n’a plus le même retard à combler. Une perte de 10 ou 12 points, comme l’envisage Tardozzi, laisserait encore plusieurs week-ends pour poursuivre la bataille au championnat.
Ces points ne deviennent pas négligeables pour autant. Mais un nouveau zéro pourrait coûter bien plus cher, surtout si Martin en profite pour renforcer son avance. Limiter les dégâts sur un circuit défavorable peut servir le titre. Même si cela ne satisfait pas l’ambition de gagner chaque course.
Concrètement, une quatrième ou une cinquième place pourrait valoir davantage qu’une tentative de victoire poussée au-delà de ce que les conditions permettent. Ducati n’a pas annoncé de consigne de classement. On parle ici de la logique exposée par son team manager.
Marquez devra donc choisir quand attaquer et quels risques accepter. À Mandalika, cette lecture de la course pourrait compter autant que la vitesse pure.
Trois victoires et des données à exploiter
La prudence ne veut pas dire que Ducati ne sait pas gagner en Indonésie. Le constructeur compte trois succès récents à Mandalika. Pecco Bagnaia y a gagné en 2023. Jorge Martin a suivi avec Pramac en 2024. Puis Fermin Aldeguer en 2025.
Les données d’Aldeguer pourraient aider Marquez à mieux exploiter sa moto avec le pneu arrière Michelin renforcé. Ce pneu est utilisé face aux fortes contraintes thermiques indonésiennes. On voit donc que Ducati a de quoi préparer ce rendez-vous, malgré le bilan personnel de Marquez.
Tardozzi insiste aussi sur la place prise par Marquez dans l’équipe : « Il est un leader dans le garage. Il sait comment motiver les gens et comment accepter l’aide de l’équipe. » Cette capacité à travailler avec son entourage compte dans un week-end qui réclame autant de maîtrise que d’attaque.
Ducati visera la victoire. Mais son team manager a déjà fixé une autre réussite possible. Traverser cette épreuve difficile sans compromettre la lutte pour le titre. Après avoir tout pris à Motegi, Marquez pourrait devoir laisser quelques points à Martin. Pour éviter d’en perdre bien davantage.






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