Izan Guevara arrive à Phillip Island avec trois victoires consécutives et seulement 5,5 points de retard sur Manuel González, mais ses résultats en Moto2 sur le circuit australien invitent à la prudence.
Une quatrième victoire après une panne en Indonésie
La victoire indonésienne de Guevara s’est jouée dans les derniers tours d’une course mouvementée. Un violent accrochage entre les pilotes Aspar a provoqué un drapeau rouge dès le premier tour. Après le deuxième départ, l’épreuve, ramenée à 14 tours, semblait pourtant promise à un autre pilote.
Álex Escrig menait la course lorsqu’un problème de pompe à carburant a immobilisé sa machine à deux tours de l’arrivée. Guevara a alors hérité de la première place et signé sa quatrième victoire de la saison. Précieux au championnat, ce succès doit aussi beaucoup à des circonstances qu’il n’a pas éludées.
Le pilote Pramac a exprimé sa compassion pour son adversaire : « Je suis vraiment désolé pour Álex Escrig ». Lui-même a dû composer avec une forte chaleur tout en cherchant à maintenir son rythme. « J’ai vraiment pris du plaisir pendant cette course, même si elle a été très dure en raison de la forte chaleur en piste », a-t-il expliqué.
Guevara n’a donc pas dominé sans partage en Indonésie. Il a su rester au contact jusqu’au bout, avant que la panne d’Escrig ne lui offre une nouvelle occasion de réduire l’écart au classement général.
Manuel González ne conserve que 5,5 points d’avance
Derrière Guevara, Manuel González a terminé deuxième après s’être élancé du dixième rang sur la grille. Cette remontée lui a permis de limiter les dégâts et de conserver la tête du championnat malgré la victoire de son rival. Le pilote IntactGP ne compte toutefois plus que 5,5 points d’avance.
La dynamique est désormais du côté de Guevara. Vainqueur en Autriche, puis au Japon et en Indonésie, le pilote BLU CRU Pramac Yamaha a enchaîné trois succès. González mène le championnat depuis le Grand Prix des États-Unis et disposait encore d’une soixantaine de points d’avance au début de l’été. Cette marge a presque entièrement disparu.
Avec cinq manches encore à disputer et 125 points au maximum à distribuer, le titre reste ouvert. Les deux Espagnols abordent le rendez-vous australien au contact. Pour Guevara, il s’agit maintenant de prolonger cette remontée sans laisser l’enjeu modifier son approche des week-ends.
Il insiste sur ce point : « Maintenant, il s’agit de garder mon calme sur l’ensemble des week-ends ». Son intention est de continuer à travailler de la même manière et de profiter de chaque rendez-vous. Déjà titré en 2022, il retrouve une lutte pour le championnat qui n’était pas la sienne la saison précédente.
Un scénario qui rappelle la saison précédente
Pour González, cette fin de saison rappelle un précédent douloureux. En 2025, le pilote IntactGP avait mené le championnat pendant 15 manches avant de perdre l’avantage lors de la séquence asiatique. Diogo Moreira avait finalement décroché le titre, avant sa promotion en MotoGP chez Honda LCR.
La comparaison avec 2026 porte sur la fonte de son avance, sans préjuger de l’issue du championnat. González reste leader, et sa deuxième place en Indonésie montre qu’il a su surmonter une mauvaise position de départ. Les trois victoires consécutives de Guevara ont néanmoins resserré le duel : l’avance confortable n’est plus qu’une marge étroite.
À Phillip Island, González aura l’occasion de reprendre de l’air. Son poursuivant arrive avec la confiance acquise lors de ses succès récents, mais reconnaît que le circuit australien lui offre des perspectives moins favorables que les dernières pistes visitées.
Izan Guevara attend un test plus difficile à Phillip Island
Le bilan de Guevara en Australie explique sa réserve. Lors de ses deux dernières visites en Moto2, il a terminé à chaque fois au 16e rang. Ces deux 16e places contrastent avec sa victoire en Moto3 chez Aspar en 2022 : sa réussite dans la catégorie inférieure ne s’est pas prolongée en Moto2.
À ce bilan s’ajoute une difficulté liée à son matériel. Le pilote Pramac décrit Phillip Island comme une piste exigeante pour le châssis Boscoscuro, sans renoncer à viser les premières places. Son rythme en Indonésie lui donne des raisons de croire à un podium, même sur un tracé qu’il ne considère pas comme son meilleur.
Ses propos mêlent confiance et prudence : « Concernant la prochaine course en Australie, Manuel González est un pilote très solide, donc ce ne sera pas facile de lui reprendre des points ». Il ajoute : « Je suis dans une bonne dynamique ».
L’objectif reste ambitieux, mais mesuré : « Vu mon rythme ce week-end, je pense qu’il est possible de se battre pour un nouveau podium là-bas, même si ce sera un week-end difficile ».
Après trois victoires, Guevara ne tient donc pas un quatrième succès pour acquis. Un podium à Phillip Island marquerait déjà un net progrès par rapport à ses deux précédentes courses en Moto2. Pour réduire encore l’écart au championnat, il lui faudra surtout devancer González sur un circuit où ses résultats récents ne plaident pas en sa faveur.





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