Le nouveau format du MotoGP 2027 inquiète Carlo Pernat, qui redoute davantage de situations dangereuses en qualifications, tandis que Marc Marquez déplore l’absence de pouvoir de décision des pilotes.
La contestation dépasse désormais l’organisation des week-ends. Après les réserves d’Andrea Dovizioso sur la charge imposée aux pilotes, l’agent italien place la sécurité au centre du débat. Il critique surtout le regroupement des concurrents dans une séance courte, avec peu de temps pour réussir un tour rapide.
Dans ses déclarations à Formula Passion, Carlo Pernat emploie une formule particulièrement dure : « Ils ont vraiment tout gâché. Ce sera un défilé d’ambulances. » Cette prédiction alarmiste ne constitue pas un bilan : le format prévu pour 2027 n’a pas encore été éprouvé en compétition.
Ce que le MotoGP 2027 change en qualifications
La réforme dissocie les qualifications du Sprint de celles du Grand Prix. Le vendredi, une séance spécifique doit déterminer la grille du Sprint. Le samedi, les 22 pilotes participeront à une première phase de qualifications pour le Grand Prix, puis les 12 plus rapides accéderont à la Q2.
L’organisation du week-end s’en trouve sensiblement modifiée. Les essais du vendredi ne permettront plus de désigner directement les dix pilotes qualifiés pour la Q2. La grille du Sprint et celle du Grand Prix dépendront donc de deux qualifications distinctes.
C’est le regroupement de tous les concurrents le samedi qui crispe Pernat. « Imaginez entasser tous les pilotes sur la piste en un quart d’heure », lance-t-il. Sur les circuits où un tour approche les deux minutes, cette fenêtre laisse, à ses yeux, peu de marge.
La sortie des stands et la préparation des pneumatiques prennent déjà une partie de ce temps. Le trafic ou un drapeau jaune peuvent ensuite compromettre une tentative. Pernat redoute ainsi une séance où chacun devra trouver un espace pour attaquer, sous une pression croissante à mesure que les minutes passent.
Une charge qui inquiète déjà Dovizioso
Andrea Dovizioso avait auparavant critiqué l’accumulation des séances exigeantes et le risque d’épuisement des pilotes. Pernat partage cette inquiétude, mais insiste davantage sur ses conséquences possibles pour la sécurité.
« C’est déjà absurde d’avoir 44 départs », estime l’agent italien, en référence aux 22 Grands Prix et 22 Sprints d’une saison complète. Son argument ne concerne donc pas seulement le temps passé en piste, mais aussi la répétition des moments où les pilotes doivent attaquer à la limite.
Les deux critiques se rejoignent sans se confondre. Là où Dovizioso met l’accent sur la fatigue liée à l’enchaînement des efforts, Pernat redoute aussi les décisions prises dans l’urgence lorsque plusieurs concurrents cherchent simultanément à sauver leur qualification.
Multiplier les qualifications ne signifie toutefois pas automatiquement multiplier les accidents. La durée des séances, leur organisation et les procédures en cas de drapeau jaune comptent également. Pernat exprime une crainte sur le fonctionnement du futur format; ses propos ne démontrent pas les conséquences qu’il anticipe.

Marquez, Acosta et Bagnaia salués par Pernat
L’agent italien distingue trois pilotes dans cette contestation : Marc Marquez, Pedro Acosta et Francesco Bagnaia. « J’ai beaucoup de respect pour Marc Marquez, Acosta et Bagnaia. Ce sont les seuls à être un peu en colère. Et ils ont raison », affirme-t-il.
Cette appréciation reste celle de Pernat et ne suffit pas à établir l’existence d’un front commun ou d’un mouvement collectif structuré dans le paddock. Elle montre en revanche que sa critique ne se résume pas à une préférence pour l’ancien déroulement des qualifications.
Pour lui, l’enjeu est aussi la place accordée aux réserves des pilotes, directement exposés aux conséquences physiques d’un changement sportif. Leur capacité à peser sur les décisions devient donc indissociable de la discussion sur le format.
« Accepter ou partir », la limite décrite par Marquez
Lors du Grand Prix d’Indonésie, Marc Marquez a expliqué que les pilotes ne disposaient d’aucun véritable pouvoir de décision sur cette réforme. Ils doivent, selon sa formule, « accepter ou partir ».
Avec cette déclaration, le débat dépasse l’attractivité des journées et la création de moments forts. Il porte aussi sur l’influence que les pilotes peuvent exercer sur les conditions dans lesquelles ils courent.
La polémique autour des obligations promotionnelles et des amendes de 5 000 euros avait déjà soulevé cette question. Les dossiers restent distincts : l’un touche aux engagements promotionnels, l’autre à l’organisation sportive. Tous deux révèlent néanmoins une tension autour du poids des pilotes dans l’évolution du championnat.
Le désaccord sur 2027 mêle ainsi les risques anticipés par Pernat et la marge de décision décrite par Marquez. Au-delà de la recherche de spectacle, c’est la manière de fixer les règles qui est contestée.






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